Cissin : Une femme perd son bébé lors de son accouchement suite au mauvais traitement de l’accoucheuse.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du Mercredi 31 au Jeudi 1er Mai aux environs de 02 heures30 du matin à la maternité du CSPS de Cissin à côté du palais de la culture Jean-Pierre Gingané.

     La femme en travail (prête pour l’accouchement) se présente à la maternité du CSPS trois heures auparavant (vers 23H). L’accoucheuse de service qui était chargée de suivre et d’assurer l’accouchement s’appelle Mme BADO. Les accompagnants de la femme vont être confrontés à une première négligence de la part de l’accoucheuse en question : le carnet de suivi de la grossesse et les multiples écographies n’ont jamais été vérifiés, ce qui équivaut à une faute professionnelle à notre sens. Soulignons au passage, que la femme avait été suivie à l’hôpital Yalgado Ouédraogo et autorisée à accoucher dans le centre de santé le plus proche de son domicile car l’évolution de la grossesse ne présentait aucune anomalie.

   Après une première consultation de la l’accoucheuse, elle fait comprendre à la Parturiente (désigne une femme en travail) qu’elle était à ‘’deux doigt’’, termes utilisés couramment par les sages-femmes pour définir l’état des contractions d’une grossesse.

    Suite à cette première consultation, la Sage-Femme disparue pour de bon. A 1H du matin, la parturiente se tordant de douleur intense fait savoir à ses accompagnants que le bébé commençait à venir. Les accompagnants après maintes recherches vont être informés que la Sage-femme était dans un sommeil profond dans la salle à coucher. Ces derniers vont frapper à la porte de la salle à coucher (fermée à clé) pendant une dizaine de minutes sans obtenir gain de cause. Après plusieurs tentatives, la sage-femme se lève de son sommeil, ouvre la porte avec un ton menaçant en vociférant des propos suivants « vous m’emmerdez, vous m’emmerdez. Moi j’ai 14 ans de service. Je connais une femme qui doit accoucher tout de suite. Ce n’est pas arrivé. Ne me montrer pas mon travail. » Après ces propos, elle referme  violemment la porte et la boucle à clé pour continuer à sommeiller.

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     Ce que l’accoucheuse a peut-être oublié malgré ses 14 années de service, c’est que les accouchements se suivent mais ne se ressemblent pas forcement. La parturiente était à deux doigt à 23 h  (selon la sage-femme), après les choses peuvent évoluer rapidement, les grossesses n’étant pas les mêmes.

Etait-il de la mer à boire pour cet accoucheuse de repartir voir l’état de la femme  dans la salle d’accouchement ? Nous pensons que non, elle a préféré son sommeil au travail pour lequel elle est rémunérée par l’Etat.

   Tout compte fait, à 2Heures 30 du matin, les accompagnants vont revenir à la charge pour tenter de faire venir la Sage-femme pour constater l’état de la Parturiente. Cette fois-ci encore comme la première fois, elle va ouvrir la porte violemment en disant « vous là, je vais faire un papier pour vous transférer au CMA, là tout le monde aura la paix », Ce qui n’était plus possible, parce que la tête du bébé commençait à se présenter. Arrivé dans la salle d’accouchement, la Sage-femme persévérant toujours dans ce traitement inhumain demanda à la Parturiente de monter sur la table d’accouchement sans aucune aide, intimant l’ordre aux accompagnants de la laisser à son propre sort.      Quand la femme est montée sur la table, elle a accouché en moins cinq minutes. Les longues heures de travail et de contractions ont affaibli le bébé qui est né en montrant quelques signes de vie (il bougeait et le cœur battait) avant de s’éteindre. Le premier cri n’est pas survenu et toute tentative de réanimation a été vaine.

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    En plus de s’être rendue coupable d’une attitude monstrueuse, l’accoucheuse a falsifié les rapports en mettant dans le carnet que l’enfant était un mort-né : Ce qui n’était pas le cas. L’enfant est bien né vivant, mais n’a pas supporté les longues périodes de travail et les mauvais traitements subis par sa maman avant et pendant l’accouchement.  Pour preuve, une dernière échographie dans la matinée du Mercredi  (quelques heures avant l’accouchement) attestait que l’évolution du fœtus ne présentait aucune anomalie pouvant porter atteinte à sa vie. L’évolution de la grossesse était donc normale.

   Tout en gardant leur sang-froid, les accompagnants de la malheureuse maman ont voulu dénoncer civilement les attitudes de la Sage-femme. Là aussi, sans aucune forme de compassion, elle se mette à hurler « ce n’est pas de ma faute. Ce n’est pas de ma faute…..si vous voulez aller me convoquer là ou vous voulez. »

   Selon nos informations, l’attitude de cet accoucheuse avait été dénoncée par plusieurs femmes enceintes et jusqu’à présent aucune sanction n’a été entreprise contre elle. Pourquoi ?

    Le récit de cet article a été fait par celui qui est le papa de ce bébé perdu, celui qui est par ailleurs le Directeur de Radio Cosmos Ouaga, un témoin du malheureux évènement.

    Dans cet article, Nous avons fait l’économie de certains détails parce qu’une action en justice est en cours contre l’accoucheuse et afin d’éviter toute incitation à la violence. Si dans les jours à venir, aucune sanction n’est proférée contre elle, Nous reviendrons sur certains de ses propos encore plus méchants et plus monstrueux.

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    Cette Sage-femme répondant au nom de Mme BADO, portant couramment une perruque-afro et travaillant à la maternité du CSPS de Cissin ne mérite ni son travail, ni son salaire. Il est inadmissible qu’elle continue à exercer ce métier.

     Les accompagnants auraient pu se rendre justice eux-mêmes en violentant l’accoucheuse, mais ils ont su raison garder pour faire confiance à la justice et aux autorités concernés.

    Nous en appelons donc au bon sens des autorités sanitaires pour qu’il soit infligé à cet accoucheuse une sanction exemplaire et extrême à la limite pour  stopper la liste des femmes et des bébés qui perdent leur vie à l’accouchement suite aux mauvais traitements et la négligence des méchantes Sages-femmes.

      Il ne doit pas y avoir de complaisance face à une Sage-femme qui commet de tels manquements. Il est de la responsabilité des autorités concernées  de sanctionner ces cas et tous les cas  similaires le plus vite possible, si nous voulons réellement éviter les vindictes populaires, la justice de rue et toutes les formes de violences liées à l’auto-justice.

   Par la même occasion,  Nous rendons hommage aux meilleures Sages-Femmes du Burkina, celles qui font leur métier avec amour et abnégation, celles qui comprennent l’importance et la sacralité de leur travail et le font comme tel. Nous remercions particulièrement Mme GANSORÉ (Une bonne Sage-femme du CSPS de Cissin) pour son professionnalisme, son humanisme et pour son sens élevé du travail bien fait.

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