Covid-19 au Burkina : les décrets viennent de la rue

Pour empêcher la progression de la maladie du Covid-19 au Burkina, les autorités politiques ont mis en place une batterie de mesures. Si Certaines mesures comme la fermeture des frontières sont tolérées, d’autres sont mal accueillies par les populations notamment la fermetures des marchés et Yaars, le couvre-feu, la fermeture des lieux de cultes etc.  Plus d’un mois après ces décisions qui ont permis de réduire drastiquement le nombre de cas contaminés, la levée de ces mesures restrictives semble être dictée par la rue.

Le Lundi 20 Avril, le gouvernement  burkinabè à travers le maire de la commune de Ouagadougou procédait à la réouverture de Rood-Woko, le Marché centrale de Ouagadougou après plus d’un mois de fermeture, pour annoncer le début de la levée progressive des mesures restrictives.

Quelques jours après cette réouverture, les usagers des autres marchés rentrent également dans la danse. Des centaines de commerçants ont organisé des manifestations pour exiger la réouverture des autres marchés principaux. Des manifestations souvent réprimées par les forces de l’ordre mais qui ont porté leur fruit. Deux jours après ces manifestations, pour satisfaire les commerçants, les autorités communales ont autorisé la réouverture de plus des 2/3 des marchés.

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Ce fléchissement des autorités va mettre la puce à l’oreille des autres secteurs. Ainsi, le le 2 Mai, un groupe de musulmans organisent une bruyante manifestation au siège de la Fédération des Associations Islamique (FAIB) pour obliger leur organisation faîtière à diligenter la réouverture des lieux de cultes. Le lendemain, la FAIB reçoit l’autorisation du gouvernement d’annoncer la réouverture des mosquées.

Au même moment, les autres confessions religieuses reçoivent eux aussi l’autorisation de réouvrir leurs lieux de cultes, mais l’église catholique émet des réserves sur les dangers d’une ouverture précipitée des lieux de cultes. Elle a préféré attendre un moment propice avant d’autoriser la fréquentation de ses lieux pour éviter de nouvelles contaminations.

Dans le secteur des transports et le secteur de la restauration et de l’hôtelier,  il y’a également des bourdonnements dans les coulissent pour exiger une réouverture.

Des mesures qui ont pourtant démontré leur efficacité

Depuis le 20 Mars la date d’entrée en vigueur des mesures restrictives, les chiffres du Centre des Opérations pour la Réponse aux Urgences Sanitaires (CORUS) ont connu une baisse significative.  De 32 cas confirmés le 25 Mars, les chiffres sont tombés en dessous de 5 cas du 27 Avril au 1er Mais.

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Cette performance risque de s’annihiler avec la levée précipitée des mesures imposées par la rue. A la date du 02 Avril par exemple, le point sur la maladie faisait état de 10 nouveaux cas pendant que nous étions en dessous de 5 cas depuis 5 jours.

 Au Ghana voisin par exemple, le pays a connu 1032 nouveaux cas après un deconfinement précoce.  

Il est donc impératif que les autorités burkinabè fassent preuves de plus de fermeté pour éviter une explosion du nombre de contaminations. Ce qui sera catastrophique pour l’économie du pays ou une grande partie de la population évoluent dans le secteur informel.

Assane Bagaya

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