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CAN 2019 : et si on parlait des chiffres

La CAN 2019 s’ouvre vendredi en Egypte. Première de l’histoire à se disputer à 24 équipes, cette 32eme édition va rassembler 552 joueurs jusqu’au 19 juillet prochain. Quelles grandes tendances peut-on dégager de l’analyse de ce plateau continental élargi

Où jouent les 552 joueurs ?


552 joueurs, répartis dans 24 équipes, s’apprêtent à disputer la Coupe d’Afrique des Nations 2019. Cette 32eme édition, la première à rassembler un plateau aussi élargi, est marquée par la participation de nations de toutes les régions du continent. La composition des listes de 23 laisse apparaître de saisissants contrastes. Les pays d’Afrique de l’Ouest, ainsi que le Cameroun, le Maroc et l’Algérie vont chercher la majeure partie de leurs troupes dans les championnats européens. Ceux d’Afrique australe et orientale puisent au contraire en priorité dans les championnats locaux, tout comme à un degré moindre la Mauritanie, la Tunisie et l’Egypte, ces deux derniers ayant vu ces dernières années un nombre croissant de joueurs partir faire carrière dans le Golfe persique. La Guinée, le Sénégal et le Cameroun ne comptent aucun joueur évoluant sur le continent, l’Algérie et la Guinée-Bissau n’en ont convoqué qu’un seul, le Maroc et le Ghana deux, le Mali et le Nigeria trois.

Tout le contraire de l’Afrique du Sud, avec 18 joueurs issus de la PSL , son championnat national étant par ailleurs le plus représenté des championnats du continent (42 joueurs), de l’Egypte (15), de l’Angola (13), de la Tanzanie (14) ou de la Namibie (10). Un moindre nombre de joueurs binationaux potentiellement sélectionnables en Europe explique ce grand écart, tout comme le choix de l’Afrique de l’Ouest comme filière préférentielle de recrutement et l’affaiblissement consécutif des championnats de cette grande région du continent. Cela explique que 60% des participants à cette CAN 2019 (326/552) exercent leur profession hors d’Afrique, très majoritairement en Europe. Mais sur ce sous-total, une petite trentaine seulement a joué cette saison la Ligue des Champions. Vous avez dit nivellement ?

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Quelle est l’équipe la plus jeune ?


On a coutume de dire que pour gagner une compétition internationale, l’expérience fait la différence. Certaines sélections font pourtant le pari de la jeunesse. C’est par exemple le cas de la Mauritanie, qui va joueur la première CAN de son histoire avec un groupe de 25 ans de moyenne d’âge. La Guinée-Bissau et le Nigeria (24,8 ans) font encore mieux, tout comme le Mali (24,3 ans). La première place de ce classement revient à la Tunisie (24 ans tout rond). Les Aigles de Carthage comptent dans leurs rangs le benjamin de la compétition, en la personne du défenseur Marc Lamti : ce joueur d’origine allemande, membre des équipes de jeunes du Bayer Leverkusen, est né le 28 janvier 2001. Au complet opposé, le gardien de but du Syli national de Guinée, Naby Yattara. Né le 12 janvier 1984, le portier de l’AS Excelsior de Saint-Joseph sur l’île de la Réunion va disputer sa quatrième CAN à l’âge de 35 ans.

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Les sélectionneurs sont-ils toujours majoritairement européens ?


La réponse est non ! Avec 13 coachs africains sur les 24 présents, l’expertise continentale prend le dessus sur le recours aux techniciens européens, longtemps privilégié par les nations africaines. A la tête du Sénégal, Aliou Cissé va vivre sa deuxème CAN d’affilée, tout comme le Bissau-Guinéen Baciro Candé, tandis que Florent Ibenge disputera sa troisième de rang sur le banc de la RD Congo. L’Afrique de l’ouest opère un vrai virage dans ce sens, avec des techniciens du cru sur les bancs de la Côte d’Ivoire (Ibrahim Kamara), du Ghana (James Kwesi Appiah) et du Mali (Mohamed Magassouba). Ces trois nations étaient dirigées par des Européens lors de l’édition 2017. De son côté, Djamel Belmadi, deuxième coach le plus jeune du tournoi, va connaître son baptême du feu en compétition internationale avec l’Algérie. Le Nigérian Emmanuel Amunike va vivre sur le banc de la Tanzanie sa première CAN en tant que coach, après l’avoir gagnée l’édition 1994 en tant que joueur. Déjà vainqueur à deux reprises (avec la Zambie en 2012 et avec la Côte d’Ivoire en 2015), Hervé Renard visera lui la passe de trois avec le Maroc. Le Français est le seul coach du plateau à avoir déjà remporté l’épreuve.

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Les anciens vainqueurs sont-ils tous présents ?


La réponse est encore non. L’élargissement de la CAN à 24 équipes n’a pas permis de rassembler l’ensemble des anciens lauréats. Manquent à l’appel l’Ethiopie, le Congo et, plus surprenant, la Zambie, championne d’Afrique en 2012 et en 2017 chez les moins de 20 ans. La Tunisie est la nation à l’ancienneté la plus grande, avec une présence ininterrompue depuis 1994, soit quatorze phases finales de rang, série en cours. Des 24 équipes du plateau, trois vont au contraire participer pour la première fois : Madagascar, le Burundi (groupe B) et la Mauritanie (groupe E). Avec 24 équipes qualifiées désormais, d’autres devraient connaître pareil baptême du feu à l’avenir. Jamais qualifiés jusqu’alors, la Centrafrique, les Comores, Djibouti, l’Erythrée, la Gambie, le Lesotho, São Tomé-et-Principe, les Seychelles, la Somalie, le Soudan du Sud, l’Eswatini et le Tchad sont candidats.

Dossier de TV5-AFRIQUE

Assane BAGAYA
Journaliste /Communicateur

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