George Kaboré
Culture

Entretien Avec George KABORE, le Directeur de l’Alliance Africaine

Dans le cadre de la commémoration de ses dix années d’existence, L’INSTITUT BURKINABE  change d’appellation et devient ALLIANCE AFRICAINE. Nous avons rencontré son Directeur Monsieur George KABORE qui nous évoque les raisons et l’objectif de ce changement d’appellation.

Cosmos Couaga : Comment est venue l’idée de créer un centre culturel burkinabè ?

George Kabore : En 2010 quand on créait le premier centre culturel, c’était une réponse à un manque. Il y’avait des centres culturels français, des centres culturels américains, Allemands, Hollandais et tout ce que tu veux, mais on manquait de centre culturel Burkinabè qui répondait à la vision de la Jeunesse. Donc j’ai créé en 2010 pour la première fois dans l’histoire du Burkina, le centre culturel burkinabè. Le constant qu’on a pu faire est que plus on évoluait, plus on avait du succès, et plus il y’avait des interrogations sur la pérennité de ce projet. Tout en évoluant, nous avons associé d’autres activités axées sur l’éducation.

C.O : Pourquoi ALLIANCE AFRICAINE et quel  est l’objectif de ce nouveau changement d’appellation ?

GK : Pour les dix ans de l’Institut Burkinabè, nous passons à l’Alliance Africaine. Aujourd’hui, il est évident que nous vivons les mêmes problèmes partout en Afrique. Nous devons défendre des intérêts africains. Nous devons continuer la lutte de Thomas Sankara et de N’kwamé N’kruma. Ils ont mené une lutte panafricaniste sur l’aspect politique et économique.  J’ai décidé aujourd’hui de créer un Etat culturel africain. Ce n’est pas le Burkina Faso seulement qui est concerné, c’est toute l’Afrique. Si l’Afrique n’arrive pas à s’unir sur le plan politique et économique, je crois que sur le plan culturel, nous y arriverons. La culture est le seul outil à travers lequel les gens continuent à s’aimer même quand la politique nous sépare. Je pense que nous ne devons pas mener des combats isolés. J’aspire à unir l’Afrique par la Culture.

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C.O : c’est une grande ambition, vous pensez pouvoir réussir cette mission ?

GK : Je vais réussir parce que je ne suis pas seul dans ce combat. Nous sommes un seul peuple. Le continent a été morcelé  juste pour des intérêts géopolitiques.

C.O : Pourquoi tous ces changements de nom, Centre Culturel Burkinabè, ensuite Institut Burkinabè et aujourd’hui Alliance Africaine ?

 GK : Le centre Culturel Burkinabè était un centre pour la promotion de la culture burkinabè. On était axé sur la promotion de la culture et l’accompagnement de toutes les créations associées. Ensuite, l’espace a servi de cadre de rencontre, de partage et d’apprentissage aux plus jeunes. Nous avons donc décidé d’associer à nos activités un aspect éducatif avec de l’accompagnement scolaire. C’est en associant ces activités que nous nous sommes dits que l’appellation centre culturel n’englobait pas tous nos domaines d’intervention. Donc nous sommes passés à l’Institut Burkinabé qui tient compte de tout ce que nous faisons.  Avec l’expérience acquise, on s’est dit que ce combat n’appartient pas à un seul pays, il appartient à l’Afrique tout entière. On a décidé d’aller vers des réponses continentales. Si parce exemple, le Burkina arrive à vaincre le terrorisme par la culture, on va partager cette expérience avec nos frère maliens et tous les autres. Nous voulons trouver des réponses convenables à l’aspiration de la jeunesse africaine. Et l’Alliance Africaine est un répondant de cette nouvelle vision que nous voulons pour le futur de l’Afrique.

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C.O : votre mot de conclusion ?

Merci à Cosmosouaga.net d’être venu jusqu’à nous parce que nous avons besoins de mettre en lumière ce que nous faisons.  Aujourd’hui, on a la chance d’être dans un pays dont la première richesse c’est la culture. Un pays riche par sa culture peut surmonter tous les problèmes du monde. J’ai créé un espace où  des peulhs, des français, des Anglais, des Toussians et des Mossis  etc. y jouent. Cette solidarité, nous devons la mettre en avant comme une réponse à l’ennemie (terrorisme) que nous avons aujourd’hui. Rien ne doit nous amener à nous détester. Ce qui reste à l’humain quand il a tout perdu, c’est sa culture. Et nous devons la défendre.

Interview réalisé par Assane BAGAYA

Assane BAGAYA
Journaliste /Communicateur

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