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Culture

FESPACO 2019 : une Cérémonie d’Ouverture en grande pompe avec un public moyen

     C’était l’occasion de voir le maçon au pied du mur ce samedi 23 février 2019 au Stade Municipal Dr. Isssoufou Joseph Conombo pour le lancement de la 26 ème du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO) présidé par le Président Roch Marc Christian Kaboré. La cérémonie d’ouverture du cinquantenaire du FESPACO organisée en grande pompe s’est heurtée à une faible mobilisation de la part du public.

Il était 17H00 lorsque le président du Faso effectuait son entrée au Stade Municipal accompagné de Alimata Salembéré, la pionnière de l’histoire du Fespaco. Un petit tour du terrain pour dire bonsoir au public avant de prendre place dans la tribune officielle.

Après la mise en place meublée par l’hymne National, vient ensuite le balai des interventions. L’honneur revient au premier responsable de la Mairie de Ouagadougou Armand Béouindé de prendre la parole. Le bourgmestre de la ville, en souhaitant la bienvenue à tous ces hôtes est revenu sur les noms qui ont marqués l’histoire du FESPACO d’autant plus que le thème du cinquantenaire s’y prête : « Mémoire et avenir des cinémas africains ». Samgoulé Lamizana le président qui a présidé le premier FESPACO, Alimata Salambéré la première présidente du premier comité d’organisation du FESPACO (les semaines du cinéma à l’époque), Michel Sawadogo, Baba Hama etc ; tous ont été vaillamment honorés par le Maire de Ouagadougou. Pour Armant Béouindé « nos salles de ciné doivent être rénovés » car c’était le rêve du premier étalon de Yennega burkinabè(1991) Idrissa Ouedraogo décédé le 18 février dernier.

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L’intervention de Yacouba Traoré le président du Comité d’organisation du cinquantenaire n’a pas dérogé à la règle. Il n’a pas manqué d’évoquer le leadership de Alimata Salambéré dans l’histoire cinématographique et télévisuelle du Burkina. L’hommage rendu aux devanciers a été le point commun de toutes les interventions.

Le Rwanda, pays Invité d’honneur de la 26 ème édition du FESPACO à été représenté  par son ambassadeur. Pour son excellence Stanislas KAMANZI, « c’est un honneur pour le Rwanda d’être le pays invité d’honneur pour les 50 ans du FESPACO ». C’est le Ministre de la culture, des arts et du tourisme qui a fermé la marche en remerciant ses homologues de l’Algérie, de la côte d’ivoire,  du Cameroun et de l’Afrique du Sud pour leurs accompagnements dans l’organisation du Cinquantenaire.

Coté ambiance, plusieurs artistes nationaux et internationaux ont prêté leur voix pour accompagner le lancement de la 26 ème édition de la biennale du cinéma africain. Nourat, Imilio, Dez Altino, Issouf Compaoré, Wango Roger, les troupes du Rwanda, Magic Système etc. Les cavaliers de Yennega ont également marqué le public par la dextérité de leur prestation. Les feux d’artifice qui ont couronné la fin des spectacles ont démontré une fois de plus la volonté du Comité d’Organisation à rendre ces moments uniques pour tous les festivaliers. On peut donc dire que le pari est gagné de ce côté mais la mobilisation du public n’a pas suivi.

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Qu’est qui n’a pas marché dans la mobilisation ?

Pour un cinquantenaire avec tous les qualificatifs d’innovation, une forte mobilisation du public aurait pu être la cerise sur le gâteau pour le comité d’organisation. Mais hélas ! C’est un Stade Municipal à moitié vide qui a accueilli la cérémonie d’ouverture. Certes, cette faible mobilisation peut s’expliquer par la psychose liée aux attaques terroristes que le pays connait depuis quelques temps. Les plus pessimistes se sont dissuadés eux-mêmes pour ne pas effectuer le déplacement.

Cependant, cet argument ne saurait être soutenu intégralement. Le FESPACO de 2015 présidé par le Premier Isaac Zida et organisé pendant les périodes chaudes de la Transition avait connu une forte mobilisation.

Il faut donc reconnaitre que le comité d’organisation n’a pas mené d’opérations spécifiques pour faire venir le public au stade. Pour un festival international qui fête une éditions spéciale, il était nécessaire pour le comité de maximiser sur la mobilisation non seulement à Ouagadougou, mais aussi dans les provinces en mettant à la disposition des populations des moyens de transport. Pour un événement d’une telle importance, se croiser les doigts et attendre un public naturel est une erreur. La réussite d’une telle cérémonie dépend forcement de la mobilisation du public. La cérémonie de clôture sera un autre défi et le comité d’organisation du cinquantenaire à toujours le temps pour rectifier le tir.

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Assane BAGAYA

Assane BAGAYA
Journaliste /Communicateur

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