L’expiration du traité New Start, dernier accord de maîtrise des armements nucléaires entre les États-Unis et la Russie, marque une rupture majeure dans l’architecture de sécurité internationale héritée de la Guerre froide. En vigueur depuis 2010, ce traité plafonnait les arsenaux stratégiques des deux premières puissances nucléaires mondiales, en limitant notamment le nombre de lanceurs, de bombardiers lourds et d’ogives déployées, tout en prévoyant un mécanisme strict de vérification.
Pour les Nations unies, cette échéance intervient à un moment particulièrement critique. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a alerté sur un « moment grave pour la paix et la sécurité internationales », soulignant que le risque nucléaire n’a jamais été aussi élevé depuis plusieurs décennies. La suspension des inspections en 2023, dans le contexte de la guerre en Ukraine, avait déjà fragilisé l’accord, annonçant un affaiblissement progressif du cadre de contrôle.
Moscou avait pourtant proposé, en 2025, une prolongation temporaire du traité. Une option accueillie favorablement sur le principe par Washington, mais restée sans suite concrète. La Russie considère désormais ne plus être liée par aucune obligation, tout en affirmant rester ouverte à des discussions visant à préserver la stabilité stratégique.
Du côté américain, les autorités temporisent et rappellent leur volonté d’élargir toute future négociation à la Chine, dont l’arsenal nucléaire est en pleine expansion. Cette position nourrit cependant les inquiétudes européennes, la France dénonçant la disparition de toute limite contraignante sur les plus grands arsenaux du monde.
Face à ce vide juridique, ONG, responsables religieux et diplomates appellent à éviter une nouvelle course aux armements et à reconstruire, sans tarder, un cadre international crédible de désarmement nucléaire.
✍️ La Rédaction
















