Le chef d’entreprise libanais naturalisé burkinabè, Khalil Khalaf, s’est retrouvé au cœur d’une vive polémique ces derniers jours à la suite de propos tenus sur les réseaux sociaux et jugés offensants par de nombreux internautes.
Tout est parti d’une déclaration dans laquelle l’intéressé affirmait être à l’origine de la fermeture du groupe Facebook « Consom’action », avec le concours des autorités compétentes. Une sortie qui a suscité de nombreuses réactions, plusieurs internautes dénonçant une attitude perçue comme arrogante. Pour beaucoup, ce groupe constituait un espace d’échange entre consommateurs et entreprises, favorisant l’amélioration des services et la défense des droits des usagers.
La controverse a pris une autre dimension lorsque Khalil Khalaf a déclaré que les Burkinabè devraient être « fiers » de voir un « blanc » comme lui se revendiquer burkinabè. Ces propos ont été largement critiqués et considérés par certains comme dévalorisants envers le peuple burkinabè.
Face à la vague d’indignation, plusieurs internautes ont réclamé des excuses publiques, certains allant jusqu’à demander la destitution de sa nationalité burkinabè.
Dans un communiqué officiel publié ce jeudi, Khalil Khalaf a présenté ses excuses au peuple burkinabè, au Chef de l’État ainsi qu’aux membres du Gouvernement.
Il reconnaît avoir tenu des propos maladroits dans « un élan d’émotion et d’euphorie », précisant que ses paroles ont été mal interprétées et qu’elles ont pu blesser certaines sensibilités. Selon lui, son intention n’était nullement de faire référence à une quelconque supériorité liée à la couleur de peau, mais d’exprimer son attachement profond au Burkina Faso.
Installé au Burkina Faso depuis 27 ans, il affirme se sentir burkinabè « de cœur, par choix, par engagement et par amour pour cette Nation ». Il admet néanmoins que ses mots ont été mal choisis et assume une erreur de communication.
Le chef d’entreprise explique également avoir réagi sous le coup de l’émotion face à des attaques répétées sur les réseaux sociaux le qualifiant d’« étranger ». Il reconnaît par ailleurs que l’évocation publique des montants d’impôts et de contributions versés à l’État n’était pas appropriée.
« Servir et contribuer à un pays ne doit pas être un argument brandi dans un débat », souligne-t-il.
Réitérant ses excuses, Khalil Khalaf assure demeurer engagé dans le développement économique et social du Burkina Faso, à travers l’investissement, la création d’emplois et le respect des valeurs de cohésion et de dignité.
Cette affaire relance le débat sur la responsabilité des personnalités publiques dans leur communication, notamment sur les réseaux sociaux, dans un contexte où les sensibilités identitaires restent particulièrement vives.
✍️ Assane BAGAYA
















