Moyen-Orient – Accord Israël-Hamas, les coulisses d’une médiation menée par Donald Trump

Le Moyen-Orient vient de franchir une étape décisive. Après plus de deux ans de guerre meurtrière à Gaza, Israël et le Hamas ont accepté un accord d’échange d’otages et de prisonniers, ouvrant la voie à une trêve fragile mais symbolique. Selon les premiers détails, cet accord prévoit le retrait progressif des troupes israéliennes, la libération des otages israéliens dès ce week-end, et l’entrée d’une aide humanitaire massive dans la bande de Gaza, où la famine menace des centaines de milliers de civils.

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Mais au-delà du geste humanitaire, ce compromis marque surtout le retour tonitruant de Donald Trump sur la scène internationale. L’ancien président américain, redevenu médiateur de l’impossible, revendique le succès d’un plan de paix en 20 points, élaboré en secret depuis plusieurs mois entre Washington, Doha et Le Caire.

Les coulisses d’une médiation sous haute tension

Selon plusieurs sources diplomatiques, la négociation aurait été menée à huis clos entre des émissaires américains proches de Trump, des représentants égyptiens et qataris, et des interlocuteurs israéliens. Les discussions, entamées à Charm el-Cheikh, ont été d’une extrême complexité : chaque camp défendait ses lignes rouges.

Le Hamas réclamait la levée du blocus de Gaza et la libération de centaines de prisonniers palestiniens, tandis qu’Israël exigeait la restitution intégrale des otages et des garanties sécuritaires strictes.
Dans les coulisses, Donald Trump aurait multiplié les appels téléphoniques et pressions diplomatiques, parfois de manière brutale, selon des témoins : « Il a traité cette négociation comme un deal économique : direct, sans filtre et sans patience », confie un diplomate proche du dossier.

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Le « Plan Trump pour la paix à Gaza » se déploie en trois phases : la trêve immédiate, l’échange d’otages et de prisonniers, puis la reconstruction politique et économique du territoire. L’accord prévoit notamment la création d’un Conseil de paix international, présidé par Trump lui-même, avec l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair comme coordinateur général.

À terme, ce conseil superviserait la mise en place d’une administration technocratique palestinienne, non affiliée au Hamas, chargée de gérer la transition à Gaza. Une force internationale de stabilisation, composée de contingents jordaniens, égyptiens et américains, serait déployée pour assurer la sécurité et former une nouvelle police locale.
L’objectif affiché est ambitieux : « transformer Gaza en une zone pacifiée et économiquement viable », selon les mots de Trump.

Entre espoir et scepticisme sur le terrain

Dans les rues de Khan Younès et de Gaza-ville, la population a accueilli l’annonce avec une mêlée d’émotions contradictoires. « De la joie pour la fin des bombardements, mais de la douleur pour nos pertes », confie Montaser Bahja, enseignant déplacé.
Les ONG humanitaires se préparent déjà à acheminer des convois de secours via le passage de Rafah, tandis que les Nations unies appellent à une mise en œuvre rapide de l’accord pour éviter un effondrement humanitaire total.

En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a salué un « tournant nécessaire vers la paix », tout en rappelant que « le Hamas devra rendre des comptes ».
L’armée israélienne, elle, reste prudente : les troupes continuent d’occuper certaines zones stratégiques, prêtes à réagir en cas de rupture de la trêve.

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L’ancien président américain ne cache pas son triomphalisme. Sur sa plateforme Truth Social, il a annoncé vouloir se rendre « dès ce week-end » dans la région pour « superviser personnellement la libération des otages ».
Sa communication est calculée : il espère faire de cet accord son chef-d’œuvre diplomatique, capable de lui valoir le prix Nobel de la paix 2025, dont les résultats seront annoncés dans quelques jours.

Selon le politologue américain Aaron Kessler, « Trump cherche à prouver qu’il peut faire ce qu’aucun président n’a réussi : imposer une paix pragmatique, sans idéologie, basée sur la négociation directe et l’influence économique ».
Mais certains observateurs y voient surtout une opération politique bien orchestrée, alors que les divisions internes en Israël et les tensions persistantes à Gaza rendent tout cessez-le-feu durable très incertain.

Un futur incertain pour Gaza et la région

L’accord reste fragile. Les détails de l’échange, le calendrier du retrait israélien et la question explosive du désarmement du Hamas demeurent flous.
Mais il ouvre une brèche : celle d’un possible nouvel équilibre au Moyen-Orient, où les États-Unis chercheraient à réaffirmer leur influence face à l’Iran et à la Russie, de plus en plus présents dans la région.

Pour les habitants de Gaza, cet accord est avant tout une lueur d’espoir après des années de cauchemar. Et pour Donald Trump, c’est une revendication symbolique : celle d’avoir réussi là où tant d’autres ont échoué.
Reste à savoir si cette paix signée sur le papier résistera à la réalité du terrain.

La Rédaction  / Cosmos Ouaga

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