L’OTAN a annoncé, vendredi 12 septembre, le lancement d’une vaste opération baptisée « Sentinelle orientale » afin de renforcer la défense de son flanc est. Cette décision intervient à la suite d’une incursion inédite de drones russes dans l’espace aérien polonais, survenue dans la nuit du 9 au 10 septembre.
Selon les autorités polonaises et plusieurs médias internationaux, 21 drones russes non armés ont franchi la frontière. Si trois ou quatre ont été abattus, l’un d’entre eux a parcouru près de 260 kilomètres à l’intérieur du territoire polonais, contraignant les autorités à fermer temporairement quatre aéroports. Varsovie a dénoncé une attaque délibérée, tandis que Washington a parlé d’une « situation préoccupante », laissant planer le doute sur l’intention réelle de Moscou.

Face à ce qui constitue une violation de l’espace aérien de l’Alliance, Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, a souligné que, « intentionnelle ou non, cette intrusion exige une réponse ». À ses côtés, le général américain Alexus Grynkewich, commandant suprême des forces alliées en Europe, a présenté les contours de l’opération.
« Sentinelle orientale » couvrira tout le flanc est de l’Alliance, du Grand Nord à la mer Noire, avec des moyens renforcés en matière de défense aérienne, de surveillance et de coordination. Le Danemark mettra à disposition deux F-16 et une frégate anti-aérienne, la France trois Rafale, l’Allemagne quatre Eurofighters, tandis que le Royaume-Uni a déjà exprimé son soutien. L’opération repose également sur un partage accru des renseignements et une posture militaire plus flexible, destinée à surprendre l’adversaire et à répondre rapidement aux menaces.
Cette mobilisation vise à rassurer la Pologne et les autres États riverains confrontés à des violations répétées de leur espace aérien. En effet, des incidents similaires ont déjà été signalés en Roumanie, en Estonie, en Lettonie et en Lituanie.
Toutefois, certains analystes soulignent les limites de cette réponse. Le média Politico rappelle que les drones utilisés par la Russie sont peu coûteux, souvent fabriqués en matériaux simples, tandis que leur interception nécessite des systèmes de défense valant plusieurs millions de dollars. Ce déséquilibre met en lumière la difficulté pour l’OTAN à développer des contre-mesures adaptées.
Malgré ces critiques, l’Alliance atlantique affirme sa détermination. « L’OTAN défendra chaque centimètre carré de son territoire », a martelé le général Grynkewich.
Avec « Sentinelle orientale », l’OTAN espère donc dissuader toute nouvelle provocation, tout en affichant son unité face à une Russie jugée de plus en plus imprudente.
















