Burkina Faso : Des agents de la douane et de la justice épinglés pour corruption, selon le KORAG

Dans son communiqué n°03, le KORAG a révélé de nouveaux cas de corruption impliquant des acteurs de la douane et de la justice burkinabè. Ces révélations interviennent dans le cadre de la politique de moralisation de la vie publique impulsée par le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré.

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Des agents de douane soupçonnés de corruption et de blanchiment

Selon le communiqué présenté par le premier responsable de l’institution le Capitaine Farouk Azaria SORGHO, plusieurs agents des douanes du Burkina Faso auraient exigé illégalement des sommes d’argent à des conducteurs routiers pour le passage de camions pourtant régulièrement dédouanés.
Les faits, qui remonteraient à mai 2021, ont conduit à l’ouverture d’une enquête par le procureur du Faso, à la demande de l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC).

Des perquisitions auraient permis la découverte de « sommes d’argent importantes » dans les bureaux et domiciles des mis en cause. Deux agents, un inspecteur et un contrôleur des douanes, sont cités parmi les premiers incriminés, avant que onze autres fonctionnaires ne soient interpellés.
Les témoignages recueillis font état de paiements de 100 000 à 150 000 francs CFA « sans quittance » au profit des agents concernés.

Malgré les preuves matérielles présentées — vidéos, images et aveux —, le dossier a débouché sur un non-lieu prononcé par le juge d’instruction du pôle économique et financier en juillet 2024.
Une décision qui a suscité l’incompréhension, notamment au sein du parquet, qui a immédiatement fait appel. Mais la chambre d’instruction de la cour d’appel a confirmé la décision initiale le 27 août 2025, provoquant la colère du CORAG qui dénonce une « mascarade judiciaire ».

Le communiqué s’inquiète également de la divulgation de l’identité de certains dénonciateurs aux mis en cause, une violation grave selon le CORAG, car elle « met en danger la sécurité des citoyens et compromet les mécanismes de dénonciation ».

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Des magistrats également mis en cause

Les investigations ont aussi mis au jour un réseau d’acteurs de la justice soupçonnés d’avoir influencé la procédure en échange d’avantages financiers.
Dix magistrats — parmi lesquels un président de chambre, un procureur général, un substitut général, un juge d’instruction et un avocat — sont visés par des enquêtes pour corruption, trafic d’influence et manquements à l’éthique professionnelle.

Le KORAG dénonce un « dysfonctionnement profond de la chaîne judiciaire » et promet des sanctions exemplaires. Il affirme que des mesures disciplinaires et judiciaires seront prises contre les magistrats et agents impliqués.

Dans son message, le KORAG réaffirme la détermination du gouvernement à poursuivre la lutte contre la corruption dans tous les secteurs, y compris la justice.
« Nous ne saurions parler de moralisation de la vie publique en occultant celle du système judiciaire », souligne le communiqué, avant d’appeler les citoyens à la vigilance et à l’intégrité.

Le communiqué  conclut sur une note ferme : « Aucun acteur, quel que soit son rang, ne bénéficiera d’aucune faveur. La patrie ou la mort, nous vaincrons. »

✍️ Assane BAGAYA

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