Burkina Faso : réduction des postes de contrôle pour lutter contre la corruption

Le Burkina Faso vient d’opérer un tournant majeur dans sa politique de contrôle routier. Le ministère de la Sécurité a décidé de réduire drastiquement le nombre de postes de contrôle sur les axes routiers nationaux, passant de 385 points recensés en novembre 2024 à seulement 40 postes officiels désormais autorisés. Cette décision, annoncée le mercredi 24 septembre 2025 par le Colonel Kanou Coulibaly, coordonnateur national de la Coordination nationale de contrôle des forces de police (CONACFP), s’inscrit dans une volonté de fluidifier la circulation et de limiter les tracasseries routières.

Pourquoi cette réforme était nécessaire

La multiplication des postes de contrôle avait fini par créer un climat de mécontentement chez les usagers de la route. En un an, leur nombre avait explosé, atteignant un niveau jugé « excessif » par les autorités. Cette situation entraînait :

des retards pour les transporteurs et voyageurs ;

une hausse du coût du transport liée aux arrêts fréquents ;

des risques accrus de corruption, certains contrôles étant perçus comme abusifs.

En comparaison, plusieurs pays voisins comme la Côte d’Ivoire ou le Ghana ont déjà entrepris des réformes similaires afin d’harmoniser les contrôles et favoriser la libre circulation sur les corridors régionaux.

Un dispositif désormais modulable et transparent

1. Le contrôle documentaire : limité aux pièces administratives obligatoires (carte nationale d’identité, permis de conduire, carte grise et assurance).

2. Le contrôle sécuritaire : orienté vers la fouille des cargaisons, l’inspection des véhicules et l’identification des passagers pour prévenir toute menace contre la sûreté nationale.

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Ces contrôles seront répartis sur 15 axes stratégiques, dont 9 exclusivement réservés à la sécurité. Les postes seront dynamisés et modulés mensuellement, permettant d’adapter le dispositif aux besoins sécuritaires du moment.

Un levier contre la corruption routière

En réduisant le nombre de postes de contrôle et en définissant un cadre clair, le ministère de la Sécurité veut en finir avec les « contrôles fantômes » qui alimentaient la corruption et nuisaient à la crédibilité des forces de l’ordre.

Le Colonel Kanou Coulibaly a souligné que le succès de cette réforme dépendra aussi des citoyens. « Les usagers sont un maillon essentiel dans cette lutte », a-t-il déclaré, invitant chauffeurs, transporteurs et particuliers à respecter les nouvelles dispositions.

Cette mesure pourrait avoir un impact positif direct sur :

la compétitivité du secteur du transport, en réduisant les coûts et délais liés aux tracasseries ;

la confiance entre forces de l’ordre et citoyens, renforçant la perception d’une police plus professionnelle et moins intrusive ;

l’intégration régionale, en améliorant la fluidité des échanges commerciaux avec les pays voisins.

Assane BAGAYA / Cosmos Ouaga

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