Un collectif des chaînes de télévision nationales publiques et privées d’Afrique subsaharienne francophone a adressé, début novembre 2025, une correspondance officielle au président de la Confédération Africaine de Football (CAF), Patrice Motsepe, pour dénoncer les conditions jugées « injustes et défavorables » d’acquisition des droits de retransmission de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2025).
Selon la lettre, les télévisions nationales francophones n’auraient accès qu’à 33 matchs, alors que les chaînes publiques anglophones et un opérateur de télévision payante non africain bénéficieraient, eux, de l’intégralité des 52 rencontres. Une situation que les signataires affirment avoir « du mal à expliquer » tant aux autorités nationales qu’aux populations.
« La CAN n’est pas un simple tournoi, mais un patrimoine africain »
Les responsables des télévisions nationales rappellent dans leur courrier le rôle symbolique et social de la compétition, considérée comme un moment d’unité, de fierté et de cohésion pour le continent. Ils soulignent que les infrastructures sportives et les équipes nationales engagées sont largement financées par les États africains et les contribuables.
Dans cette logique, limiter l’accès du public francophone à la majorité des matchs reviendrait, selon eux, à « priver une grande partie des populations africaines, notamment les plus défavorisées, de leur droit fondamental d’accéder gratuitement à leur patrimoine sportif et culturel ».
Les signataires s’inquiètent également du fait que cette restriction ne concerne pas les pays anglophones et lusophones. Une situation qui, selon eux, laisse penser que cette politique serait destinée à satisfaire « un opérateur payant dominant exerçant sur le territoire d’Afrique subsaharienne francophone », au détriment des chaînes publiques gratuites.
Ils alertent sur les risques d’exclusion sociale que pourrait engendrer cette politique, dans une région où la télévision publique demeure le principal moyen d’accès à l’information et au divertissement pour des millions de citoyens.
Un appel direct au leadership du président de la CAF
Face à ce qu’ils qualifient d’« orientation stratégique préoccupante », les dirigeants de chaînes nationales appellent Patrice Motsepe à réexaminer les dispositions actuelles afin de garantir une CAN « réellement africaine, populaire et accessible entièrement à tous ».
Le collectif insiste sur la nécessité d’un traitement équitable entre les pays du continent et sur l’importance de préserver le caractère inclusif d’un événement suivi par des centaines de millions de téléspectateurs.
Des signataires issus de 11 pays
La lettre est signée par les premiers responsables de plusieurs organismes audiovisuels publics et privés, notamment :
RTS (Sénégal)
RTI (Côte d’Ivoire)
GGT (Gabon)
ORTM (Mali)
CRTV (Cameroun)
Office National des Médias Audiovisuels (Tchad)
NCI (Côte d’Ivoire)
RTB (Burkina Faso)
RTG (Guinée)
ORTN (Niger)
Tous expriment une position commune : permettre aux télévisions nationales d’assurer une diffusion complète de la CAN 2025, conformément aux attentes et aux droits des populations africaines.
✍️ Assane BAGAYA
















