L’interdiction de la compétition “Miss Immergee 2025” par le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCCAT) relance le débat sur la pertinence des concours de beauté au Burkina Faso. Dans un communiqué rendu public ce mardi 29 octobre, le ministère a formellement proscrit la tenue de cet événement dont les présélections étaient prévues pour le samedi 8 novembre à Ouagadougou.
L’information a d’abord circulé sur les réseaux sociaux à travers l’affiche de la compétition, présentée comme une initiative de la structure La Puissance Communication. Le concours devait, selon ses promoteurs, mettre en compétition des bachelières ayant participé à l’immersion patriotique, avec la beauté physique comme principal critère de sélection.
Cependant, cette approche a suscité une vive polémique. De nombreux internautes ont dénoncé le caractère jugé « obscène » de l’événement et sa non-conformité avec les valeurs morales et culturelles défendues par la Révolution Progressiste Populaire (RPP). Face à cette contestation, le MCCAT a réagi en interdisant purement et simplement la tenue de l’activité, la qualifiant d’initiative « aux antipodes de la dynamique révolutionnaire ».
Miss Université Burkina au centre des attentions
Cette interdiction a aussitôt ravivé les interrogations autour d’un autre concours bien connu : “Miss Université Burkina”, organisé depuis plus de vingt ans. Ce concours, qui met en compétition des étudiantes issues des différentes universités du pays, repose également en partie sur des critères de beauté physique — un aspect qui a justement valu à “Miss Immergee” son interdiction.
En plus de la beauté, “Miss Université Burkina” évalue les participantes sur l’intelligence, l’expression orale, la culture générale et l’engagement citoyen. Malgré ces critères variés, de nombreuses voix s’élèvent depuis quelques années pour demander la suppression de ce concours, jugé contraire aux valeurs culturelles burkinabè. Certains y voient même une forme de dépravation des mœurs et une banalisation de la prostitution.
Polémiques et dérives dénoncées
Les controverses se sont accentuées à la suite de témoignages d’anciennes participantes évoquant des propositions douteuses de la part de certains membres du jury ou du comité d’organisation.
La situation a pris une nouvelle tournure avec les déclarations de Daphney Ouédraogo, deuxième dauphine de Miss Université Burkina 2025, qui a insinué qu’il serait possible d’obtenir une couronne en échange de faveurs sexuelles. Ces propos ont conduit à sa destitution par le comité d’organisation, mais ils ont ravivé la méfiance du public à l’égard du concours.
Pour l’heure, aucune preuve formelle ne vient confirmer ces accusations, mais les soupçons persistent et alimentent un climat de défiance autour de cette compétition historique.
Face à ces controverses, plusieurs observateurs estiment que le gouvernement a désormais tracé la voie à suivre. Le Comité d’organisation de Miss Université Burkina et son promoteur, Honoré Rabamba, sont invités à repenser profondément le concept du concours, en le transformant en un cadre de promotion de l’intelligence, du leadership féminin et des talents universitaires, conformément à la vision du Chef de l’État.
Autrement dit, si “Miss Université Burkina” veut perdurer, il devra évoluer ou disparaître.
✍️ Assane BAGAYA / Cosmos Ouaga
















