Confédération des États du Sahel : un plan commun pour nourrir 80 millions d’habitants

AES

Les dirigeants de la Confédération des États du Sahel (AES) ont réaffirmé leur ambition de bâtir une communauté forte, résiliente et souveraine, en plaçant l’agriculture au centre de leur stratégie de développement. À l’occasion de l’ouverture du Forum ministériel sur le développement agricole, présidée par le Premier ministre malien, Général de Division Abdoulaye Maïga, les ministres et experts des pays membres ont planché sur les moyens de renforcer la coopération et de mutualiser les atouts agricoles de la région.

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Un potentiel agricole immense mais sous-exploité

L’espace AES, composé du Burkina Faso, du Mali et du Niger, recèle des terres arables fertiles, des cours d’eau stratégiques tels que le Niger et la Volta, ainsi que d’énormes gisements d’énergie renouvelable (solaire, hydroélectrique, biomasse). S’y ajoutent des ressources minières considérables, faisant de cette zone l’un des plus grands réservoirs de richesses naturelles au monde.

Pourtant, malgré ce potentiel, la région reste confrontée à une insécurité alimentaire chronique : selon la FAO, plus de 45 millions de personnes dans le Sahel sont exposées chaque année à des crises alimentaires. Le paradoxe est donc évident : des terres riches et vastes, mais une dépendance persistante aux importations alimentaires.

Vers une souveraineté alimentaire commune

L’assistance du Forum ministériel

Pour les dirigeants de l’AES, l’agriculture est plus qu’un secteur économique : elle est un levier de souveraineté politique et sociale. Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a souligné que ce forum représente une opportunité de synchroniser les priorités nationales et confédérales, en lançant des réformes structurelles et des actions concertées.

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L’objectif affiché est clair : faire de l’AES un bloc agricole puissant, capable de garantir son autosuffisance alimentaire et de réduire la dépendance aux importations de riz, blé et maïs, qui pèsent lourdement sur les balances commerciales.

Des réformes stratégiques en perspective

Parmi les propositions discutées figurent :

  • La création de pôles agricoles intégrés dans les trois pays membres ;
  • Le développement d’une banque semencière régionale pour sécuriser les variétés locales adaptées au climat sahélien ;
  • L’investissement dans des infrastructures de stockage et de transformation afin de réduire les pertes post-récoltes, estimées à plus de 30 % de la production annuelle ;
  • La mise en place d’un marché commun agricole AES, facilitant la libre circulation des produits et la fixation de prix équitables pour les producteurs.

Analyse : une intégration économique nécessaire

La mutualisation des politiques agricoles au sein de l’AES pourrait devenir un tournant stratégique pour l’avenir de la région. Si elle parvient à transformer ses atouts en valeur ajoutée, la confédération pourrait non seulement assurer la sécurité alimentaire de ses 80 millions d’habitants, mais aussi devenir un acteur majeur sur le marché africain de l’agriculture.

Des initiatives similaires, comme le Programme de Développement Agricole de la CEDEAO (PDDAA), ont montré l’importance d’une coordination régionale. Mais la différence avec l’AES réside dans sa volonté politique affirmée de lier agriculture, souveraineté et indépendance économique.

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Assane BAGAYA / Cosmos Ouaga

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