Côte d’Ivoire : Josey victime de harcèlement en ligne, Shama condamné à 12 mois de prison

josey en justice

Le jeune influenceur et promoteur artistique Koudou Aimé Antoine, plus connu sous le pseudonyme Shama, a été condamné à 12 mois de prison ferme et à une amende de 5 millions de FCFA pour harcèlement en ligne à l’encontre de la chanteuse ivoirienne Josey (Priscille Josée Gnakrou). La décision a été rendue par le tribunal après une enquête approfondie sur des comportements qui, selon la plaignante, duraient depuis plusieurs années.

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Un harcèlement prolongé et destructeur

Selon la plainte déposée par Josey, Shama la harcelait depuis trois ans sur les réseaux sociaux, par le biais de messages et de publications injurieuses visant à ternir son image. La chanteuse a expliqué devant le tribunal que ces attaques étaient particulièrement virulentes et avaient un impact négatif sur sa vie personnelle et professionnelle. Elle a précisé être victime de harcèlement en ligne depuis neuf ans, mais que l’acharnement de Shama représentait la forme la plus agressive de ces attaques.

« Il me chosifiait, ternissait mon image, me traumatisait et affectait mon entourage », a-t-elle déclaré à la barre.

Les preuves fournies au tribunal comprenaient des captures d’écran et des vidéos dans lesquelles Shama lançait des attaques verbales extrêmement dégradantes, telles que :

  • « Votre artiste avec sa grosse tête de Caterpillar… »
  • « Elle obtient ses victoires grâce à ses relations intimes… »
  • « Son disque d’or était en carton… »
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Une rivalité musicale derrière le harcèlement ?

Josey a expliqué que ces attaques étaient motivées par la promotion d’une autre chanteuse ivoirienne, Roselyne Layo, présentée comme la rivale supposée de Josey. Selon la plaignante, Shama s’acharnait sur elle pour défendre et mettre en avant cette artiste, amplifiant ainsi les tensions sur la scène musicale ivoirienne.

De son côté, Shama a tenté de se défendre en affirmant qu’il ne ciblait pas directement Josey mais répondait à ses fans, qu’il accusait d’attaquer Roselyne Layo. Étudiant en cinéma et activiste sur les réseaux sociaux, il a reconnu promouvoir activement l’artiste mais a nié toute intention de nuire directement à Josey.

Le verdict : un signal fort contre le harcèlement en ligne

Malgré ses explications, le tribunal a jugé que les propos tenus par Shama constituaient des injures et des outrages, suffisants pour porter atteinte à la dignité de Josey. La peine de 12 mois de prison ferme et 5 millions de FCFA d’amende souligne l’importance croissante accordée à la lutte contre le harcèlement en ligne dans la région.

À l’annonce du verdict, Shama, visiblement choqué, s’est effondré en pleine audience et a dû être évacué par les forces de l’ordre à la demande du tribunal, illustrant l’intensité émotionnelle de l’affaire.

le harcèlement en ligne, un défi pour les célébrités africaines

Cette affaire met en lumière le risque croissant du cyberharcèlement pour les artistes et influenceurs africains. Les réseaux sociaux, tout en étant un outil de promotion et de visibilité, peuvent devenir des vecteurs de violence psychologique. Les tribunaux régionaux semblent désormais déterminés à sanctionner les comportements en ligne qui nuisent à l’intégrité des individus, envoyant un message fort à ceux qui utilisent les plateformes numériques pour intimider ou dénigrer.

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Par Assane BAGAYA / Cosmos Ouaga

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