La journée d’hier vendredi 10 octobre a été marquée par le lancement officiel de la campagne électorale en Côte d’Ivoire, en vue de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. Les différents candidats ont ouvert le bal à travers meetings et annonces de projets. Simone Gbagbo, Jean-Louis Billon, Henriette Lagou, Ahoua Don Mello, ainsi que les proches du président Alassane Ouattara, se sont illustrés sur le terrain, chacun cherchant à séduire un électorat partagé entre le désir de stabilité et la volonté de changement.
Simone Gbagbo prêche la réconciliation nationale

À Bouaflé ce samedi , Simone Ehivet Gbagbo, candidate du Mouvement des Générations Capables (MGC), a rassemblé plusieurs milliers de partisans dans une ambiance empreinte de ferveur.
L’ancienne Première dame a appelé à « la réconciliation véritable des cœurs » et à la « souveraineté totale de la Côte d’Ivoire », insistant sur la nécessité de tourner la page des divisions politiques.
Pour beaucoup, Simone Gbagbo cherche à incarner un nouveau visage du nationalisme ivoirien, mêlant foi, expérience politique et discours de rédemption.
Jean-Louis Billon veut incarner le renouveau du PDCI

Du côté du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), Jean-Louis Billon a officiellement donné le coup d’envoi de sa campagne hier vendredi sur la place Konan Raphaël à Marcory (Abidjan Sud). Devant une foule enthousiaste venue l’acclamer, il a appelé à un changement profond et à l’avènement d’une nouvelle génération engagée pour une Côte d’Ivoire réconciliée, souveraine et prospère.
« Nous devons créer une nation où la richesse profite à tous, pas seulement à une élite », a-t-il lancé devant un public composé majoritairement de jeunes.
Billon, entrepreneur et ancien ministre, veut imposer un style moderne, axé sur la relance industrielle et la justice sociale, dans la continuité du combat politique du PDCI après la disparition d’Henri Konan Bédié.
Henriette Lagou plaide pour une élection apaisée

Henriette Lagou ouvrira sa campagne le lundi 13 octobre à Daoukro. Présidente du Rassemblement pour la Paix, la Démocratie et le Développement (RPDD), elle insiste sur l’importance du dialogue et du respect des différences.
« Nous devons apprendre à choisir sans nous déchirer », a-t-elle déclaré, appelant les électeurs à « faire de 2025 un tournant de maturité démocratique ».
Sa voix, souvent portée sur la paix et la participation féminine, trouve un écho particulier dans un pays encore marqué par les blessures des crises passées.
Ahoua Don Mello, le candidat du souverainisme radical

À Abidjan, à Cocody, Ahoua Don Mello, ancien ministre et proche de Laurent Gbagbo, a tenu un discours virulent contre le pouvoir en place, lors de son meeting tenu hier vendredi 10 octobre.
Se présentant comme le défenseur de la « souveraineté africaine totale », il a dénoncé « la mainmise des puissances étrangères sur les décisions nationales » et s’est engagé à « redonner aux Ivoiriens la pleine maîtrise de leur destin ».
Sa campagne, encore discrète dans les médias traditionnels, gagne du terrain sur les réseaux sociaux, où il séduit une partie de la jeunesse contestataire.
Le RHDP d’Alassane Ouattara reste confiant

Le président ivoirien Alassane Ouattara a officiellement lancé sa campagne pour la présidentielle du 25 octobre 2025 ce samedi à Daloa, ville stratégique du centre-ouest, ancien fief de son rival historique Laurent Gbagbo. L’objectif affiché du chef de l’État est clair : remporter un quatrième mandat dès le premier tour, un « coup K.O. » qui marque le ton de cette campagne.
Des milliers de militants, jeunes et femmes en tête, se sont rassemblés au stade sous un soleil de plomb puis un orage, brandissant des t-shirts « ADO boys and girls ». Nombre d’entre eux ont salué les réalisations du président en matière d’infrastructures, d’éducation et de sécurité, ainsi que son expérience politique. Pendant ce temps, à Abidjan, une manifestation d’opposition a été dispersée par les forces de l’ordre.
Une présidentielle à forts enjeux pour l’avenir du pays
La campagne présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2025 se déroule dans un contexte tendu. Le président sortant, Alassane Ouattara, brigue un quatrième mandat, validé par la Commission électorale, malgré la limitation constitutionnelle à deux mandats. Plusieurs figures de l’opposition, dont Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, ont vu leur candidature rejetée, suscitant manifestations et tensions sociales. La campagne a débuté avec cinq candidats en lice. Cette élection reflète une Côte d’Ivoire profondément polarisée, confrontée à des contestations sur la légitimité des candidatures et des enjeux démocratiques cruciaux.
✍️ Assane BAGAYA / Cosmos Ouaga
















