La Côte d’Ivoire se prépare à une élection présidentielle cruciale, prévue pour le 25 octobre 2025, sous un climat politique tendu. Le président sortant, Alassane Ouattara, brigue un quatrième mandat, une décision qui suscite des inquiétudes parmi l’opposition et la société civile. Cette situation soulève des questions sur l’état de la démocratie et les risques de tensions sociales dans le pays.
Un quatrième mandat contesté
Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011, a annoncé sa candidature pour un quatrième mandat en juillet 2025, justifiant sa décision par des défis économiques et sécuritaires persistants. Cependant, cette annonce a ravivé le débat sur la légalité de sa candidature, certains opposants arguant que la révision constitutionnelle de 2016, qui a permis sa troisième candidature en 2020, ne devrait pas être interprétée comme un « reset » des mandats précédents. Cette interprétation est rejetée par une partie de l’opposition, qui considère cette candidature comme une prolongation indue du pouvoir.
Exclusion de figures de l’opposition
La Commission électorale indépendante (CEI) a exclu plusieurs figures majeures de l’opposition, dont Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, de la liste des candidats. Laurent Gbagbo, ancien président et leader du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), a vu sa candidature rejetée, tout comme Tidjane Thiam, ancien directeur général de Credit Suisse et leader du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement Démocratique Africain (PDCI-RDA). Ces exclusions ont été perçues comme des manœuvres visant à affaiblir l’opposition et à réduire la concurrence électorale.
Manifestations et répression

Face à ces exclusions, des milliers de manifestants ont défilé dans les rues d’Abidjan, notamment à Yopougon, pour exprimer leur mécontentement et revendiquer des élections transparentes et inclusives. Les manifestants ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une dérive autoritaire du régime en place. Cependant, ces manifestations ont été réprimées par les forces de l’ordre, avec des arrestations de militants de l’opposition. Par exemple, six membres du PPA-CI ont été arrêtés lors d’une vague de répression, ce qui a été qualifié d' »arrestations arbitraires » par le parti
Risques de tensions sociales
La situation actuelle rappelle les événements de 2020, où des manifestations contre la candidature d’Alassane Ouattara avaient conduit à des violences et à une crise politique majeure. Bien que le contexte soit différent, les tensions actuelles, exacerbées par les exclusions de candidats et la répression des manifestations, pourraient entraîner des troubles sociaux similaires. Les observateurs craignent que la situation ne dégénère en une crise politique majeure si des mesures de décrispation ne sont pas rapidement mises en place.
Appels à la réconciliation
Face à ces tensions, des voix s’élèvent pour appeler à la réconciliation nationale et à un dialogue inclusif entre le pouvoir et l’opposition. Des organisations de la société civile, des leaders religieux et des acteurs politiques appellent à la mise en place d’un cadre électoral transparent et équitable, garantissant la participation de toutes les forces politiques. Ils soulignent que seule une élection inclusive et apaisée pourra assurer la stabilité et la paix durable en Côte d’Ivoire.
La présidentielle de 2025 en Côte d’Ivoire représente un tournant décisif pour l’avenir démocratique du pays. Les tensions actuelles, marquées par des exclusions de candidats, des répressions de manifestations et des contestations sur la légalité de la candidature d’Alassane Ouattara, soulignent les défis auxquels la nation est confrontée. Il est impératif que toutes les parties prenantes œuvrent ensemble pour garantir un processus électoral transparent, inclusif et pacifique, afin d’éviter une nouvelle crise politique et de préserver la stabilité du pays.
Assane BAGAYA / Cosmos Ouaga
















