L’Allemagne a officiellement accusé, vendredi 12 décembre 2025, la Russie d’avoir orchestré une vaste opération de déstabilisation visant ses infrastructures critiques et son processus démocratique. Berlin affirme disposer de preuves « absolument solides » impliquant les services de renseignement militaire russes (GRU) dans une cyberattaque contre le système de contrôle du trafic aérien allemand en août 2024, ainsi que dans une campagne d’ingérence active lors des dernières élections législatives.
Selon le ministère allemand des Affaires étrangères, l’attaque informatique est attribuée au groupe de hackers APT28, également connu sous le nom de Fancy Bear, déjà soupçonné par le passé d’opérations ciblant plusieurs pays occidentaux. L’ambassadeur russe à Berlin a été convoqué pour obtenir des explications, mais Moscou n’a, pour l’heure, pas réagi publiquement à ces nouvelles accusations.
Au-delà du sabotage numérique, Berlin affirme que la Russie a tenté d’influencer l’élection au Bundestag à travers une vaste opération de désinformation identifiée sous le nom de code Storm 1516. Cette campagne visait, selon les autorités, à perturber le débat public, manipuler l’opinion et fragiliser les institutions démocratiques allemandes.
Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, plusieurs États membres de l’Union européenne dénoncent une intensification des actions hybrides russes : espionnage, cyberattaques, campagnes de manipulation, voire tentatives de sabotage d’infrastructures stratégiques. L’Allemagne, plateforme logistique essentielle pour l’OTAN et premier soutien militaire européen de l’Ukraine, estime être devenue une cible prioritaire.
En réponse, Berlin prévoit une série de mesures de rétorsion, élaborées en coordination avec ses partenaires européens. Le gouvernement soutiendra l’adoption de nouvelles sanctions ciblées au niveau de l’Union européenne, comprenant des interdictions d’entrée, le gel d’avoirs et l’interdiction d’accès à des ressources économiques pour les individus impliqués. À partir de janvier 2026, les déplacements des diplomates russes dans l’espace Schengen seront strictement contrôlés, tandis que des restrictions bilatérales supplémentaires sont envisagées.
Afin de renforcer sa résilience contre ces menaces, l’Allemagne mettra en place une plateforme interministérielle dédiée à la coordination de la réponse aux attaques hybrides. Ces derniers mois, le gouvernement du chancelier Friedrich Merz a déjà accru les capacités de la police et de l’armée en matière de défense anti-drone, après de multiples incursions suspectes près d’aéroports et de sites industriels.
Les services de renseignement allemands mettent en garde contre une possible intensification de ces opérations à l’approche des élections régionales de 2026, où le parti d’extrême droite AfD — ouvertement prorusse et antimigrants — espère réaliser des percées majeures. Plusieurs responsables politiques soupçonnent d’ailleurs certaines de ses figures de collecter des informations sensibles susceptibles d’être transmises à Moscou, ce que le parti dément.
Pour Berlin, la menace est désormais qualifiée de « très concrète ». La Russie chercherait à « diviser la société, instiller la méfiance et affaiblir la confiance dans les institutions démocratiques », souligne le ministère des Affaires étrangères. Le gouvernement allemand entend désormais répondre fermement à toute nouvelle tentative de déstabilisation, afin de préserver l’intégrité de ses infrastructures et la crédibilité de son processus démocratique.
✍️ La Rédaction
















