Raila Odinga, figure historique de la vie politique kényane et symbole de la lutte démocratique, est décédé mercredi 15 octobre à l’âge de 80 ans. L’ancien Premier ministre est mort d’un arrêt cardiaque dans le sud de l’Inde, où il séjournait pour des soins médicaux, selon ses proches.
Leader charismatique surnommé « Baba » (« père » en swahili), Raila Odinga a marqué plus de quarante ans de vie politique au Kenya. Cinq fois candidat à l’élection présidentielle sans jamais accéder au pouvoir, il a incarné l’opposition au régime de Daniel Arap Moi dans les années 1980, période durant laquelle il passa près de huit ans en prison pour son engagement.
Premier ministre de 2008 à 2013, à la suite des violences postélectorales de 2007 qui avaient fait plus de 1 100 morts, il avait contribué à la rédaction de la Constitution de 2010, considérée comme l’une des plus progressistes du continent africain.
L’annonce de sa mort a provoqué une vive émotion à Nairobi, où des milliers de citoyens se sont rassemblés spontanément dans les rues, notamment à Kibera, son fief politique. Les chaînes de télévision ont diffusé en boucle des images d’archives retraçant le parcours de celui que beaucoup considèrent comme un héros national.
Le président William Ruto a salué la mémoire d’« un géant de la démocratie africaine, défenseur infatigable de la justice sociale et homme d’État hors pair ». De nombreuses personnalités, dont le président de la Commission de l’Union africaine et l’ancien président de la Cour suprême, David Maraga, ont également rendu hommage à son héritage politique et panafricaniste.
Malgré une carrière marquée par les luttes et les compromis, Raila Odinga restera une figure majeure de la quête de démocratie au Kenya et sur le continent africain.
La Rédaction / Cosmos Ouaga
















