Le 25 octobre 2025, les bureaux de vote ont ouvert à 8h00 GMT pour l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, marquée par la candidature du président sortant Alassane Ouattara, qui brigue un quatrième mandat après des mois de tensions politiques. En dépit de la présence de cinq candidats en lice, la principale figure en course reste Ouattara, 83 ans, dont le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) domine également le Parlement.
Les bureaux de vote ont ouvert avec un léger retard, bien que plus de 8,7 millions d’Ivoiriens se soient inscrits pour participer à ce scrutin. Toutefois, la participation pourrait ne pas dépasser le seuil des 50 %, un chiffre qui n’a cessé de diminuer lors des dernières élections. Ce faible taux de participation pourrait témoigner d’une certaine désillusion au sein de l’électorat, après plusieurs cycles électoraux marqués par des tensions et des exclusions.
Une opposition marginalisée
L’élection se déroule dans un contexte de tension et de répression, après que les principaux opposants au président Ouattara ont été écartés du processus électoral. Des figures de l’opposition, comme Tidjane Thiam, ancien dirigeant du Crédit Suisse, et l’ex-président Laurent Gbagbo, ont été exclus de la liste des candidats, ce qui a suscité des manifestations et des arrestations. Le climat politique rappelle les crises électorales de 2010-2011, qui ont fait des milliers de victimes.
La répression a été vivement critiquée par les partisans des candidats exclus, qui dénoncent des atteintes aux droits fondamentaux et à la liberté d’expression. Le gouvernement a, pour sa part, nié toute forme de répression, tout en déployant plus de 40 000 agents de sécurité pour maintenir l’ordre.
Sous la présidence d’Alassane Ouattara, la Côte d’Ivoire a connu une forte croissance économique, notamment grâce à son rôle de premier producteur mondial de cacao. Cependant, une grande partie de la population reste confrontée à la pauvreté, avec près de 37,5 % des Ivoiriens vivant sous le seuil de pauvreté. Les jeunes, en particulier, peinent à trouver des emplois, malgré les investissements massifs dans le secteur public et les infrastructures.
Le président sortant, ancien directeur adjoint du Fonds monétaire international (FMI), a mis en avant ses réalisations économiques lors de ses derniers meetings. « La croissance a été énorme, mais nous devons continuer », a déclaré Ouattara, convaincu que son leadership reste nécessaire pour assurer la stabilité du pays.
Un contexte favorable pour Ouattara
Dans un contexte géopolitique marqué par de nouvelles priorités pour la communauté internationale, notamment en Europe, Ouattara bénéficie d’un soutien implicite de la France, son ancien partenaire colonial, et d’autres acteurs internationaux. Séverin Yao Kouamé, professeur à l’Université de Bouaké, estime que « le contexte international est favorable à Ouattara », ce qui pourrait limiter les critiques à son égard.
Face à Ouattara, quatre autres candidats se sont lancés dans la compétition, parmi lesquels Simone Gbagbo, l’ex-première dame, et Jean-Louis Billion, ancien ministre du Commerce. Bien que ces candidats aient promis de créer de nouveaux emplois et de réformer le secteur agricole, les analystes estiment que leurs chances de succès restent minimes face à l’omniprésence de Ouattara et de son parti.
Le dépouillement et les attentes
Le dépouillement des votes débutera dès la fermeture des bureaux de vote, et les résultats provisoires devraient être publiés dans les 48 heures. Alors que la Côte d’Ivoire s’apprête à vivre un nouveau chapitre de son histoire politique, le déroulement de cette élection pourrait être décisif pour l’avenir du pays, déjà marqué par une décennie de stabilité relative après la guerre civile.
Assane BAGAYA / Cosmos Ouaga
















