La tension en Méditerranée s’est brutalement intensifiée ce 1er octobre 2025. Selon le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, plusieurs navires de la flottille humanitaire Global Sumud, en route vers Gaza, ont été interceptés par la marine israélienne.
Cette initiative internationale, composée d’environ 45 bateaux et de centaines de militants venus de plus de 40 pays, entendait briser le blocus maritime imposé par Israël à Gaza depuis près de 18 ans.
Malgré les arraisonnements, les organisateurs affirment que 30 navires poursuivent leur route vers le territoire palestinien assiégé.
À Paris, Jean-Noël Barrot a immédiatement réagi en appelant Israël à garantir la sécurité des passagers, parmi lesquels figurent plusieurs Français.
La diplomatie française a confirmé que son ambassade et son consulat à Tel-Aviv étaient en contact permanent avec les autorités israéliennes pour obtenir la protection consulaire et le rapatriement rapide des ressortissants français.
Le ministre a par ailleurs rappelé qu’il avait formellement déconseillé aux citoyens français de prendre part à cette mission, considérée comme hautement risquée dans une zone de guerre active.
Une mission pacifique ou une violation du blocus ?
La flottille Global Sumud – « sumud » signifiant résilience en arabe – se présente comme une initiative non violente et pacifique d’aide humanitaire. Ses organisateurs affirment vouloir apporter vivres et médicaments à la population de Gaza, confrontée à une crise humanitaire sans précédent.
Mais Israël maintient une position inflexible. Selon son ministère des Affaires étrangères, la flottille viole un blocus naval jugé légal et met en danger la sécurité régionale. Tel-Aviv affirme avoir proposé un transfert « par des canaux sécurisés » de l’aide humanitaire, refusé par les militants.
L’affaire prend une dimension médiatique internationale en raison de la présence de figures connues à bord, telles que :
> Greta Thunberg, activiste écologiste suédoise,
> Rima Hassan, eurodéputée franco-palestinienne,
> Mandla Mandela, petit-fils de Nelson Mandela,
> Ada Colau, ancienne maire de Barcelone.
Des images diffusées montrent Greta Thunberg escortée par des soldats israéliens lors d’un arraisonnement, scène qui suscite de vives réactions sur les réseaux sociaux.
Réactions internationales et condamnations
> Le Hamas dénonce un « crime de piraterie et de terrorisme maritime ».
> La Turquie parle d’un « acte de terrorisme ».
> Le président colombien Gustavo Petro a annoncé l’expulsion de la délégation israélienne de son pays.
> En Italie, des centaines de manifestants ont protesté à Rome et Naples, soutenus par plusieurs syndicats appelant à une grève générale.
> La mobilisation des artistes et personnalités publiques est également notable : plus de 140 célébrités, dont la YouTubeuse Léna Situations et la chanteuse Angèle, ont demandé à la France et à la Belgique de fournir une protection diplomatique aux passagers.
Un contexte de guerre qui alimente la crise
Depuis l’attaque meurtrière du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, le conflit n’a cessé de s’intensifier. Israël a lancé une offensive militaire massive sur Gaza, aggravant une crise humanitaire déjà dramatique :
Plus de 80 % de la population déplacée, Des pénuries sévères de nourriture, d’eau et de médicaments, Une aide humanitaire largement entravée par le blocus. Dans ce contexte, la flottille Global Sumud se présente comme un acte de solidarité, mais aussi comme une provocation politique pour Israël, qui veut maintenir son contrôle absolu des flux entrants vers Gaza.
un nouvel épisode d’un bras de fer diplomatique
L’incident de la flottille met en lumière les fractures diplomatiques mondiales autour du conflit israélo-palestinien. Les pays occidentaux sont tiraillés entre leur soutien à Israël et la pression de l’opinion publique choquée par la crise humanitaire. Les pays du Sud, comme la Colombie ou la Turquie, multiplient les condamnations contre Tel-Aviv. Les organisations humanitaires dénoncent une violation du droit international et appellent à une enquête indépendante.
Cet épisode rappelle d’ailleurs les précédentes interceptions de navires humanitaires par Israël, notamment celles de juin et juillet 2025 où Greta Thunberg et Rima Hassan avaient déjà été expulsées après leur arrestation en mer.
La Rédaction / Cosmos Ouaga
















