Après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, des milliers de Gazaouis regagnent le nord du territoire pour retrouver leurs maisons — souvent réduites à néant.
Le calme relatif qui s’est installé depuis vendredi à midi a ravivé un mince espoir au sein de la population palestinienne. Après deux années d’un conflit dévastateur, des milliers de familles ont entamé samedi leur retour vers le nord de Gaza, profitant du cessez-le-feu fragile conclu entre Israël et le Hamas.
Mais l’émotion du retour laisse rapidement place à la stupeur : là où se dressaient jadis des quartiers entiers, il ne reste que des amas de ruines et de poussière.
Des scènes de désolation et d’incrédulité
« L’ampleur des destructions est véritablement stupéfiante », témoigne un porte-parole du Bureau humanitaire des Nations Unies. Revenue récemment de la ville de Gaza, elle décrit un paysage méconnaissable, où les habitants cherchent désespérément les traces de leur ancienne vie.
Pour beaucoup, le retour s’apparente à une épreuve émotionnelle. « Nos adieux à Gaza semblaient être les derniers », confie Mona Mortaja, une étudiante de 27 ans. « Revenir ici, c’est comme fouiller dans un rêve brisé. »
L’accord de trêve, inspiré d’un plan en 20 points proposé par le président américain Donald Trump, prévoit la libération d’otages israéliens contre des prisonniers palestiniens et le redéploiement partiel des troupes israéliennes.
S’il ne règle pas encore les questions majeures — comme le désarmement du Hamas — le texte a été salué par Washington comme un tournant. « Je n’ai jamais vu une telle joie dans autant d’endroits », a affirmé Donald Trump, évoquant une “victoire diplomatique”.
Selon Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile de Gaza, 63 corps ont déjà été découverts depuis le début du cessez-le-feu. Beaucoup d’autres resteraient coincés sous les débris.
Dans les hôpitaux, la situation est critique. « Nous avons terminé une guerre et en sommes entrés dans une autre », alerte le Dr Mohammad Abu Salmiya, directeur de l’hôpital Al-Shifa. Les équipes médicales, débordées, manquent de tout : médicaments, carburant, équipements.
Les Nations Unies ont annoncé que près de 170 000 tonnes de nourriture, de médicaments et de fournitures sont prêtes à être acheminées dans la bande de Gaza dès dimanche.
Israël aurait accepté de faciliter l’entrée de ces convois sous supervision internationale. Mais l’ampleur des besoins est telle que cette aide reste dérisoire face à une population épuisée et à une économie détruite.
Deux ans de guerre ont transformé Gaza en champ de ruines. La quasi-totalité des deux millions d’habitants ont été déplacés à plusieurs reprises. L’eau, l’électricité et les infrastructures de santé sont au bord de l’effondrement.
Pour les familles qui reviennent, la trêve offre un répit, mais pas encore une solution. Comme le résume Ahmed Jabr, père de sept enfants : « Il n’y a plus de bombardements, mais tout est à reconstruire. Nous devons recommencer notre vie à zéro. »
✍️ Cosmos Ouaga avec The New York Times
















