« J’en veux au Capitaine Traoré… » : le cri du cœur d’une mère après l’immersion patriotique de sa fille

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   L’immersion patriotique n’a pas fini de révéler tous ses mystères. La première cohorte a connu son apothéose le 9 septembre dernier. Une apothéose marquée par plusieurs cérémonies de clôture.  Ce 11 septembre, nous nous sommes rendus dans la famille Ouédraogo afin de constater l’impact réel de cette expérience sur leur fille Karine.

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Madame Ouédraogo, la mère de Karine, vit seule avec ses deux filles depuis plusieurs années, après le décès de son mari. Fonctionnaire de l’État burkinabè, elle n’a jamais eu de difficultés financières majeures, mais l’éducation de ses enfants n’a pas été un long fleuve tranquille. Entre manque de respect, insolence et tensions quotidiennes, elle reconnaît elle-même que les choses n’ont pas évolué comme elle l’espérait.

Après un mois d’absence pour son « devoir patriotique », Karine est enfin de retour à la maison. C’est la première fois qu’elle a quitté sa mère aussi longtemps. Les retrouvailles sont empreintes de joie et de fierté, mais aussi d’un regard attentif de Madame Ouédraogo, qui veut mesurer les changements dans le comportement de sa fille.

« J’avais des sentiments mitigés sur la capacité de l’immersion patriotique à remettre Karine sur le droit chemin », confie-t-elle.

Pourtant, à peine 24 heures après son retour, la transformation saute aux yeux. Karine fait preuve d’une maturité nouvelle, d’une précision dans ses gestes et d’une discipline impressionnante. À son arrivée, elle a travaillé jusqu’à deux heures du matin pour remettre de l’ordre dans la maison, malgré les demandes de sa mère de se reposer. Dès cinq heures, elle était déjà debout pour balayer la cour. Face à tant de détermination, Madame Ouédraogo n’a pu retenir ses larmes : « Depuis 20 ans que Karine est venue au monde, c’est la première fois que je suis aussi fière d’elle », glisse-t-elle avec émotion.

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Le contraste est d’autant plus frappant que la relation avec ses filles n’a pas toujours été harmonieuse. L’insolence de Karine était déjà difficile à supporter, mais celle de sa grande sœur Béatrice, étudiante en troisième année à l’Université Joseph Ki-Zerbo, l’était encore davantage.

En observant les changements profonds opérés en un mois seulement, Madame Ouédraogo est convaincue que sa fille cadette a été transformée « profondément et à jamais ». Elle exprime néanmoins un regret :

« J’en veux au Capitaine Ibrahim Traoré de ne pas avoir instauré l’immersion patriotique plus tôt, pour que ma fille Béatrice puisse aussi en bénéficier », lâche-t-elle, les larmes aux yeux.

L’émotion dans la famille Ouédraogo était telle que nous avons dû écourter notre entretien. Avant de prendre congé, nous avons échangé avec Karine, affairée à préparer le repas de midi.

« Ta maman compte sur toi pour aider ta grande sœur à changer également. Je sais que tu peux y parvenir », lui avons-nous confié.
« Affirmatif », a-t-elle répondu avec un sourire plein de maturité, comme pour signifier qu’elle avait déjà conscience de sa mission.

Assane BAGAYA / Cosmos Ouaga

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