Lucien Zié, chargé de communication de la CNAVC : « Le Président du Faso nous a honorés, à nous de poursuivre le combat avec plus de responsabilité »

Dans cette interview exclusive, Cosmos Ouaga s’est entretenu avec M. Lucien Zié, chargé de communication de la Coordination nationale des associations de veille citoyenne (CNAVC). Il revient sur la dynamique actuelle de la structure, les polémiques récentes, les défis communicationnels des Wayiyans et BIR-C, ainsi que les perspectives pour l’avenir.

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Cosmos Ouaga : La CNAVC semble moins active ces derniers temps. Quelles en sont les raisons ?

Lucien Zié : Il est vrai qu’à nos débuts, les activités – meetings, conférences de presse – étaient nombreuses. À certains moments, nous tenions jusqu’à deux événements par mois. Mais il faut comprendre que les activités diminuent lorsqu’il n’y a plus un besoin pressant.

Ce n’est pas que la CNAVC ne mène plus d’activités, c’est plutôt la nature de ces activités qui a changé. Par exemple, le vendredi dernier, nous étions au lycée municipal de Saaba pour une journée de salubrité, et d’autres activités sont prévues pour les 9 et 16 octobre, dans le cadre de la deuxième phase des journées d’engagement patriotique et de participation citoyenne.

Aujourd’hui, nous ne sommes plus focalisés sur la CEDEAO ou la France comme en 2022, lorsque ces thématiques dominaient nos conférences de presse. Le contexte a changé : le Burkina Faso s’est retiré de la CEDEAO, et désormais cette organisation cherche à collaborer avec l’AES. Quant à la France, après plusieurs tentatives d’ingérence, elle a dû reculer.

Nous avons donc adapté notre combat. Il se poursuit désormais sur les réseaux sociaux, notamment à travers les Wayiyans et les BIR-C, qui assurent une présence active.

La CNAVC est aujourd’hui plus structurée et plus présente dans les provinces du pays. En 2022, nous n’étions actifs que dans les chefs-lieux de région. Désormais, notre présence s’étend à tout le territoire national.

Nos activités se concentrent davantage sur la mise en œuvre des initiatives présidentielles : production agricole, développement communautaire, journées de salubrité, réhabilitation de voies, etc.

La CNAVC reste également mobilisée pour des actions de communication et de sensibilisation. Nous partipons , par exemple, à la mobilisation des masses pour les États généraux de la décentralisation.

Cosmos Ouaga: Le Président du Faso a récemment rendu hommage aux BIR-C et aux Wayiyans. Quel est votre sentiment ?

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Lucien Zié : C’est un grand honneur. Ce n’est pas la première fois que le Président exprime sa reconnaissance envers les Wayiyans. Déjà, lors d’une rencontre au Palais des Sports de Ouaga 2000, il avait salué notre engagement.

Mais c’est la première fois qu’il cite le terme BIR-C, et cela nous touche particulièrement. Les BIR-C et les Wayiyans sont en réalité un même mouvement, très actif sur les réseaux sociaux comme Facebook et TikTok.

Cette reconnaissance du Chef de l’État nous encourage à redoubler d’efforts, à continuer la lutte contre les manipulations impérialistes, et à œuvrer pour la souveraineté nationale et la restauration de l’intégrité du territoire.

Cosmos Ouaga  : Le Chef de l’État à également appelé à un recadrage de la communication des Wayiyans et des BIR-C, faisant allusion à certains propos injurieux ou diffamatoires. Qu’en pensez-vous ?

Lucien Zié : C’est un point important. Nous-mêmes constatons que certains camarades dérapent parfois dans leur communication. Il arrive que nous les interpellions pour qu’ils retirent ou revoient certaines publications.

Notre pays fait face à une guerre imposée par l’impérialisme, qui utilise les médias et la désinformation pour diviser. Nous devons donc veiller à ce que nos messages renforcent la cohésion nationale, encouragent nos Forces de défense et de sécurité, et créent la paix au lieu de la division.

Nous avons observé une amélioration notable depuis 2024, comparée aux dérives de 2022-2023. En tant que chargé de presse de la CNAVC, je veille chaque jour à surveiller et orienter les communications des membres. C’est un travail permanent de sensibilisation et de responsabilisation.

Cosmos Ouaga  : Quelles sont les perspectives pour améliorer la communication des Wayiyans ?

Lucien Zié : Il faut d’abord former et sensibiliser les communicateurs. Tous les BIR-C ou Wayiyans ne sont pas membres de la CNAVC, ce qui limite notre contrôle sur leurs actions. Mais nous les appelons à plus de retenue et de professionnalisme.

Avant de publier une information, il faut vérifier la source. La communication doit unir, pas diviser. Chacun peut s’autoformer, car les écarts de langage nuisent à notre crédibilité.

L’hommage du Président est aussi un appel à plus de responsabilité et de patriotisme. C’est à ce prix que nous bâtirons un Burkina Faso solidaire, prospère et paisible.

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Cosmos Ouaga : Une polémique évoque un financement de 600 millions de francs CFA accordé aux Wayiyans. Que s’est-il réellement passé ?

Lucien Zié : j’ai moi-même entendu parler de cette affaire, mais je n’ai jamais vu ni reçu un franc. Il faut clarifier : le Président du Faso n’a jamais dit qu’il avait donné 600 millions aux Wayiyans.

Il a simplement expliqué que des personnes de bonne volonté avaient proposé des prêts d’honneur sans intérêts pour soutenir des jeunes. Certains Wayiyans ont pu en bénéficier, mais il ne s’agit pas d’un don collectif. Ces prêts doivent être remboursés, comme tout crédit.

Le Président a d’ailleurs insisté sur la sincérité et la vérité des bénéficiaires. Certains ont déformé ses propos pour créer la confusion.

Cosmos Ouaga : Comment voyez-vous l’avenir de la CNAVC et des associations de veille citoyenne ?

Lucien Zié : Aujourd’hui, la CNAVC est une faîtière forte et un acteur majeur de la vie nationale. Elle influence les décisions et soutient les actions gouvernementales.

Dans l’avenir, nous continuerons d’éveiller les consciences et de former la jeunesse à l’esprit patriotique. Nos membres incarnent déjà cet engagement. Les jeunes qui nous observent comprendront que la défense de la patrie est une mission noble.

Nous voulons une CNAVC plus enracinée, qui contribue activement à la production, à la mise en œuvre des politiques publiques et à l’accompagnement du gouvernement dans ses efforts pour le développement et la sécurité.

Entretien réalisé par Assane BAGAYA / Cosmos Ouaga

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