Depuis le 27 septembre 2025, le Maroc est traversé par un mouvement de contestation inédit mené par de jeunes manifestants, regroupés sous le collectif Gen Z 212. Leur revendication : une justice sociale réelle, des services publics dignes et une réforme urgente des secteurs de la santé et de l’éducation.
À l’origine du mouvement, un drame a marqué les esprits : le décès de huit femmes enceintes dans un hôpital public d’Agadir, faute de prise en charge adéquate. Cet événement tragique a cristallisé le mécontentement d’une jeunesse déjà révoltée par le chômage élevé, le coût de la vie et la corruption.
Les réseaux sociaux, notamment Discord et TikTok, ont servi de catalyseurs pour mobiliser des milliers de jeunes dans plusieurs villes du royaume : Rabat, Casablanca, Agadir, Oujda et Inezgane.
Violences et répression : la tension monte
Si le collectif Gen Z 212 appelle officiellement à la retenue et rejette la violence, les manifestations ont parfois dégénéré. À Oujda, une vidéo virale a montré un fourgon de police renversant un manifestant, provoquant l’indignation nationale. À Inezgane et Aït Amira, des affrontements ont éclaté, avec des commerces incendiés et des véhicules détruits.
Plus de 200 arrestations ont été recensées en trois jours, selon l’Association marocaine des droits humains (AMDH). Un premier groupe de 37 jeunes, dont trois en détention, doit comparaître devant la justice le 7 octobre 2025.
Réactions politiques et gouvernementales
Face à cette mobilisation, le gouvernement a tenu une réunion d’urgence et assuré vouloir répondre « positivement » aux revendications sociales. La coalition au pouvoir dit « comprendre la détresse de la jeunesse » et promet des réformes.
Cependant, l’opposition met en garde. L’ex-Premier ministre Abdelilah Benkirane (PJD) appelle à l’arrêt des manifestations « avant de basculer dans l’inconnu », tout en tenant l’exécutif pour responsable de la crise.
Le collectif Gen Z 212, né dans l’espace numérique, se présente comme un mouvement citoyen pacifique, rejetant l’appartenance partisane. Sa ligne directrice : défendre « la santé, l’éducation et la lutte contre la corruption » au nom d’un patriotisme revendiqué.
Pour de nombreux analystes, cette contestation révèle l’émergence d’une nouvelle génération consciente de son pouvoir politique, connectée, organisée en ligne, et déterminée à exiger des comptes à ses dirigeants.
La gestion de cette crise sociale pourrait redessiner le rapport entre la jeunesse et l’État. Si le gouvernement répond réellement aux demandes de réforme, le Maroc pourrait amorcer une nouvelle phase de modernisation sociale. Dans le cas contraire, la défiance risque de s’accentuer et d’entraîner un cycle de contestations plus profond.
La Rédaction / Cosmos Ouaga
















