Le comité Nobel norvégien a décerné, ce vendredi, le prix Nobel de la paix à Maria Corina Machado, cheffe de l’opposition vénézuélienne. Figure emblématique de la lutte pour la démocratie dans son pays, elle devient ainsi la première femme vénézuélienne à obtenir cette distinction, en hommage à son engagement pour la liberté, la justice sociale et les droits humains dans un contexte autoritaire.
Ce choix, salué par de nombreuses organisations internationales, intervient après des années de répression politique au Venezuela. Maria Corina Machado a mené un combat pacifique pour la transition démocratique, au prix de nombreuses arrestations et intimidations. Pour le comité Nobel, son parcours illustre « la force du dialogue et de la non-violence face à la tyrannie ».
Une décision qui fait grincer des dents à Washington
À peine l’annonce faite, la Maison Blanche a vivement réagi, dénonçant une décision « politique ».
Le directeur de la communication, Steven Cheung, a accusé le comité Nobel de « faire passer la politique avant la paix », soulignant que le président Donald Trump aurait davantage « œuvré pour la stabilité mondiale » à travers ses médiations diplomatiques.
Le bureau du Premier ministre israélien a surenchéri sur X (ex-Twitter), affirmant que « le président Trump rend la paix possible », en référence à son implication dans plusieurs négociations internationales, notamment au Moyen-Orient.
Depuis son premier mandat, Donald Trump nourrit une véritable obsession pour le prix Nobel de la paix.
Il s’est à plusieurs reprises attribué le mérite de « huit médiations internationales », dont celles entre l’Inde et le Pakistan, la Serbie et le Kosovo ou encore entre l’Égypte et l’Éthiopie.
Mais pour les experts en relations internationales, ces affirmations relèvent plus de la communication politique que de la diplomatie concrète.
La plupart des accords cités par Donald Trump n’ont jamais été officialisés ou ont été facilités par des intermédiaires indépendants, comme l’ONU ou l’Union africaine.
Le contraste avec l’esprit du testament d’Alfred Nobel
Le comité Nobel, de son côté, semble avoir voulu rappeler la philosophie originelle d’Alfred Nobel (1833-1896) : promouvoir la coopération internationale, le désarmement et la fraternité entre les peuples.
Le slogan « America First », pierre angulaire de la politique étrangère trumpienne, est souvent jugé incompatible avec cette vision universaliste.
D’après plusieurs analystes, Maria Corina Machado incarne au contraire les valeurs fondatrices du prix : la lutte pacifique, la résilience citoyenne et la défense des libertés fondamentales.
Son Nobel vient ainsi renforcer le message selon lequel la paix ne se mesure pas seulement en accords diplomatiques, mais aussi en courage civique et en espoir collectif.
Ce Nobel 2025 résonne bien au-delà des frontières du Venezuela.
Il envoie un signal clair aux régimes autoritaires et aux défenseurs des droits humains : la paix naît d’abord du refus de la peur et de la soumission.
Pour beaucoup, cette distinction marque une nouvelle étape dans la reconnaissance du combat démocratique en Amérique latine, et rappelle que le dialogue reste l’arme la plus puissante des peuples en quête de liberté
Assane BAGAYA / Cosmos Ouaga
















