La militante politique burkinabè Safiatou Lopez est décédée dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 septembre à Accra, au Ghana, des suites d’une maladie, selon plusieurs sources proches de sa famille. Elle vivait en exil depuis l’arrivée au pouvoir du MPSR II, après avoir multiplié des critiques accerbes contre les autorités.
Née Safiatou Zongo le 8 janvier 1976 à Ouagadougou, elle s’était d’abord imposée comme femme d’affaires en créant, en 2004, Afrique Construction SA, une société de BTP. Sa notoriété prend une autre dimension lors de l’insurrection populaire de 2014. Présidente de l’Association pour la promotion de la démocratie et la participation citoyenne (APDC), elle rejoint les mouvements qui ont contribué à la chute de Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans.
Après 2014, elle devient une figure de la société civile durant la transition politique, siégeant notamment dans la commission chargée de rédiger la charte. Elle se distingue par ses critiques contre l’influence du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), puis contre le coup d’État manqué de septembre 2015.
Cependant, son parcours militant n’a pas été exempt de controverses. Ses prises de position, souvent tranchées, lui valent autant de soutiens que de critiques. En août 2018, elle est arrêtée à Ouagadougou par les forces de l’ordre dans des conditions qui suscitent la polémique. Poursuivie pour tentative d’évasion de détenus et pour diffamation, elle est condamnée en 2020 à 24 mois de prison ferme.
Ces dernières années, Safiatou Lopez s’est illustrée par ses déclarations hostiles aux régimes successifs, y compris celui de Roch Marc Christian Kaboré, puis du gouvernement actuel. Ses détracteurs lui reprochaient une posture systématiquement contestataire et une stratégie parfois jugée opportuniste, oscillant entre militantisme citoyen et ambitions politiques.
Exilée en Côte d’Ivoire puis au Ghana, elle continuait de dénoncer la gouvernance burkinabè depuis l’étranger, à travers des interventions médiatiques et des prises de parole publiques.
Sa disparition met fin à un parcours marqué par des engagements multiples, mais aussi par des épisodes judiciaires et politiques controversés, qui ont façonné une figure à multiples facettes.
Assane BAGAYA
















