Saint-Nazaire : que cache le pétrolier fantôme russe « Pushpa »

Un navire russe de la mystérieuse « flotte fantôme », le Pushpa, a été intercepté par les forces françaises au large de Saint-Nazaire. Long de 244 mètres, ce pétrolier intrigue par ses changements répétés de nom et de pavillon. Utilisé pour contourner les sanctions occidentales contre Moscou, il est soupçonné d’avoir joué un rôle dans des incursions de drones au Danemark fin septembre.

Une enquête judiciaire ouverte

Le parquet de Brest a ouvert une enquête pour « défaut de justification de pavillon » et « refus d’obtempérer ». Deux officiers du navire – le commandant et son second – ont été placés en garde à vue. Emmanuel Macron a dénoncé de « graves fautes de l’équipage », soulignant que la France ne laisserait pas passer de telles provocations en mer.

Derrière cet incident se cache un phénomène bien plus vaste : la flotte fantôme russe. Selon des estimations occidentales, elle compte 600 à 1 000 navires, souvent vieillissants, opérant sous pavillons de complaisance (Bénin, Gabon, Îles Marshall, Mongolie…). Leur objectif : transporter clandestinement du pétrole russe vers l’Asie, principalement l’Inde et la Chine, afin de financer la guerre en Ukraine.

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D’après les analyses européennes, ce commerce représenterait jusqu’à 40 % de l’effort de guerre russe, soit plusieurs dizaines de milliards d’euros.

Risques sécuritaires et environnementaux

Au-delà de la géopolitique, ces navires présentent deux dangers majeurs :

Sécurité militaire : certains sont soupçonnés de servir de plateformes de brouillage ou de relais pour des opérations hybrides, comme les survols de drones qui ont paralysé l’aéroport de Copenhague.

Sécurité maritime et environnementale : mal entretenus, souvent non assurés, ces pétroliers représentent un risque élevé de pollution majeure en cas d’accident dans les eaux européennes.

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La France a réagi fermement avec l’arraisonnement du Pushpa, mais le défi dépasse largement ses eaux territoriales. L’Union européenne réfléchit à renforcer :

la surveillance maritime (satellites, radars, AIS renforcé),

la coopération militaire et policière contre les navires sous pavillon douteux,

les sanctions financières contre les intermédiaires qui assurent la logistique de cette flotte.

Comme l’a résumé Emmanuel Macron : « Nous faisons face à une guerre hybride, où la mer est devenue un nouveau champ de confrontation ».


✍️ La Rédaction  / Cosmos Ouaga

Source : le parisien et l’AFP

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