Sanctions européennes contre Moscou : la Hongrie refuse d’abandonner le pétrole russe.

Copenhague – En marge du sommet européen organisé ce mercredi au Danemark, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a réaffirmé son refus catégorique de céder aux pressions de l’Union européenne et des États-Unis pour mettre fin aux importations de pétrole russe. « Nous n’avons aucune autre option, aucune », a-t-il martelé devant la presse.

Alors que plusieurs capitales européennes plaident pour un embargo total, Viktor Orban a tenu à souligner la différence de ton entre Washington et Bruxelles. Selon lui, le président américain Donald Trump « respecte la souveraineté des autres pays » et ne lui aurait jamais demandé de couper le robinet du pétrole russe. « Il m’a seulement demandé quelle est la situation. C’est une différence importante », a insisté le dirigeant hongrois, jugeant que « les Européens sont plus agressifs que les Américains ».

De son côté, Donald Trump n’a cessé de critiquer les achats d’hydrocarbures russes par l’Europe, qualifiant cette dépendance d’« inexcusable ». Devant l’ONU, le 23 septembre dernier, il avait fustigé une attitude « absurde », allant jusqu’à déclarer que les Européens « financent la guerre contre eux-mêmes ».

Une exemption fragile pour la Hongrie et la Slovaquie

Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, l’Union européenne a entrepris de réduire drastiquement ses importations énergétiques en provenance de Moscou. Toutefois, la Hongrie et la Slovaquie avaient obtenu une dérogation, en raison de leur forte dépendance au pétrole russe et de leur situation géographique enclavée. Revenir sur cette exemption nécessiterait l’accord des deux pays, un scénario hautement improbable à court terme.

Face à ce blocage, la Commission européenne propose une alternative : imposer des droits de douane sur le pétrole russe importé par les pays membres. Une décision qui pourrait être adoptée à la majorité qualifiée, soit 55 % des États membres représentant au moins 65 % de la population de l’UE.

L’objectif affiché reste clair : atteindre la fin totale des importations d’hydrocarbures russes d’ici 2027, voire 2026 pour le gaz naturel liquéfié (GNL). Une ambition qui se heurte, pour l’heure, à la fermeté de Budapest.

La Rédaction  / Cosmos Ouaga

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