Shutdown américain : la Maison-Blanche accusée d’instrumentaliser la crise budgétaire pour affaiblir ses opposants

Washington, 2 octobre 2025 – Le bras de fer budgétaire aux États-Unis a pris une tournure inédite sous l’administration Trump. La fermeture partielle du gouvernement fédéral (shutdown), déclenchée à minuit faute d’accord entre Républicains et Démocrates, s’accompagne cette fois de mesures qualifiées de « punitives » par l’opposition.

Loin de chercher un compromis, la Maison-Blanche a annoncé la suspension de 26 milliards de dollars de financements publics, dont une large part destinée à des projets portés par des États démocrates. Parallèlement, l’exécutif prépare un plan de licenciements massifs dans la fonction publique, une stratégie assumée par Donald Trump comme un moyen de « réduire les dépenses inutiles » et de « faire payer » ses adversaires politiques.

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Les premières décisions budgétaires touchent deux secteurs sensibles :

La transition énergétique : 8 milliards de dollars de subventions à des programmes liés aux énergies vertes ont été annulés. La Maison-Blanche a qualifié ces financements de « gaspillage idéologique au service du programme climatique de la gauche ».

Les infrastructures de transport : 18 milliards de dollars, principalement destinés à l’État de New York, ont été gelés. Or, cet État est représenté par deux figures démocrates de premier plan, Chuck Schumer (chef de la majorité au Sénat) et Hakeem Jeffries (chef de file de la minorité démocrate à la Chambre).
Selon plusieurs analystes, ce ciblage renforce l’idée que le shutdown est utilisé comme un outil politique et non seulement budgétaire.

Conséquences directes : employés fédéraux et services publics paralysés

Environ 300 000 postes fédéraux pourraient disparaître d’ici décembre, entre licenciements, non-renouvellements et départs anticipés. Déjà, des milliers de fonctionnaires sont mis en congé sans solde, tandis que d’autres – militaires, agents de sécurité dans les aéroports – sont contraints de travailler sans rémunération immédiate.

Parmi les impacts visibles :

Fermeture temporaire de Voice of America, le média public international américain.

Retards dans les projets d’infrastructures critiques.

Mise en suspens de services fédéraux tels que le traitement des demandes d’assurance maladie ou les programmes sociaux pour familles modestes.

Le recours stratégique au shutdown par Donald Trump interroge. Jusqu’ici, les fermetures de l’administration fédérale résultaient de blocages politiques mais les services essentiels étaient préservés. Aujourd’hui, la Maison-Blanche semble assumer l’idée de « maximiser la douleur » pour forcer l’opposition à céder.

Exemple comparatif : Lors du shutdown de 2018-2019, le plus long de l’histoire américaine (35 jours), 800 000 fonctionnaires avaient été affectés, mais l’administration avait évité les licenciements permanents. Cette fois-ci, le plan prévoit des suppressions définitives, ce qui pourrait transformer durablement la structure du gouvernement fédéral.

Bataille judiciaire et tensions sociales à venir

Face à la menace de licenciements, plusieurs syndicats de fonctionnaires ont saisi la justice, estimant que la Maison-Blanche outrepasse ses prérogatives légales. Des recours sont déjà examinés en Californie.

Sur le plan social, la colère monte : familles privées de revenus, programmes sociaux gelés, entreprises pénalisées par l’arrêt de financements fédéraux. Selon une étude de la Brookings Institution, chaque semaine de shutdown coûte environ 6 milliards de dollars à l’économie américaine.

La Rédaction  / Cosmos Ouaga

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