Tensions militaires : le Venezuela mobilise ses forces face à l’arrivée d’un porte-avions américain

Le Venezuela a ordonné la mobilisation générale de ses forces armées après l’arrivée du porte-avions américain USS Gerald R. Ford dans les eaux proches de l’Amérique latine. Cette démonstration de puissance militaire américaine ravive les tensions entre Caracas et Washington, sur fond d’opérations antidrogue controversées menées par l’administration Trump dans la région.

Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino López, a annoncé mardi une mise en alerte maximale des forces de défense. « Le pays met en état de pleine capacité opérationnelle l’ensemble de son arsenal militaire, y compris les forces terrestres, aériennes, navales et les milices », a-t-il déclaré à la télévision nationale. Selon le ministre, près de 200 000 soldats participent à cette opération spéciale ordonnée par le président Nicolás Maduro.

Une présence américaine jugée provocatrice

Le déploiement du USS Gerald R. Ford, accompagné de trois destroyers – USS Bainbridge, USS Mahan et USS Winston S. Churchill – a été confirmé par la Marine américaine. Bien que ces bâtiments ne soient pas encore entrés dans la mer des Caraïbes, ils opèrent désormais dans la zone placée sous la juridiction du Commandement Sud des États-Unis, qui couvre une partie de l’océan Atlantique et plusieurs routes maritimes connues pour le trafic de drogue.

Le Pentagone justifie cette présence par la volonté de « renforcer les capacités existantes pour perturber le trafic de stupéfiants et démanteler les organisations criminelles transnationales ». Mais à Caracas, les autorités y voient une menace directe à la souveraineté du pays.

Une opération antidrogue sous tension politique

Depuis plusieurs semaines, Washington intensifie sa campagne militaire dans la région, officiellement pour contrer le narcotrafic. Toutefois, plusieurs observateurs estiment que ce dispositif militaire – près de 15 000 soldats américains et une douzaine de navires de guerre – dépasse largement les besoins d’une opération de ce type.

Selon Mark Cancian, analyste au Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), « la présence d’un porte-avions de ce calibre ne peut s’expliquer que par des intentions plus larges ». Pour lui, « le compte à rebours a commencé », laissant entendre qu’une escalade militaire contre le Venezuela n’est pas à exclure.

Le coût d’exploitation du Gerald R. Ford, estimé à 8,4 millions de dollars par jour, souligne l’ampleur de l’opération. Ce navire, considéré comme le plus grand et le plus moderne de la flotte américaine, embarque près de 4 000 marins et plusieurs dizaines d’avions de combat.

Vives critiques et ruptures diplomatiques

L’administration Trump fait face à de vives critiques, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des États-Unis. En Colombie, le président Gustavo Petro a annoncé la suspension du partage de renseignements militaires avec Washington pour protester contre les frappes américaines visant de petites embarcations soupçonnées de trafic de drogue dans les Caraïbes.
« La lutte contre la drogue doit respecter les droits humains des populations caribéennes », a déclaré Petro sur les réseaux sociaux.

Aux États-Unis, plusieurs élus démocrates dénoncent la légalité douteuse des opérations militaires, affirmant qu’elles visent des civils et non des combattants. Le représentant Gregory W. Meeks, membre influent de la commission des affaires étrangères, a exprimé ses inquiétudes sur le risque d’une dérive vers une guerre ouverte contre le Venezuela.

Malgré les assurances données au Congrès, des doutes persistent quant aux intentions réelles de l’administration américaine. Le président Donald Trump a déclaré récemment ne pas envisager « pour le moment » une guerre contre le Venezuela, tout en affirmant que « les jours de Maduro sont comptés ».

Pour certains sénateurs républicains, comme Todd Young (Indiana), la situation illustre « une extension progressive du pouvoir exécutif en matière de guerre », en contradiction avec la volonté d’une majorité d’Américains de voir leur armée moins impliquée à l’étranger.

Alors que les tensions montent dans la région, le gouvernement vénézuélien se dit prêt à défendre son territoire « contre toute agression ». La présence du porte-avions américain, symbole de la puissance militaire des États-Unis, marque un nouvel épisode dans la confrontation géopolitique entre Washington et Caracas.

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✍️ La Rédaction

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