Le Togo entre officiellement dans une nouvelle ère politique. Cinq mois après son investiture en tant que président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé a rendu publique, ce mardi 8 octobre, la composition du premier gouvernement de la Cinquième République, consacrant ainsi la mise en œuvre du régime parlementaire instauré par la Constitution du 6 mai 2024.
Composée de 27 membres, cette nouvelle équipe gouvernementale compte 17 ministres de plein exercice et 10 ministres délégués. Selon le décret de nomination, elle traduit la volonté de l’exécutif de moderniser la gestion publique et d’assurer un pilotage plus rigoureux des politiques nationales de développement.
Des ministres confirmés et de nouveaux visages
Parmi les principales figures de ce gouvernement, l’on retrouve Cina Lawson, désormais en charge de l’Efficacité du service public et de la Transformation numérique, ainsi que le Professeur Robert Dussey, reconduit aux Affaires étrangères, à la Coopération, à l’Intégration africaine et aux Togolais de l’extérieur. Essowè Georges Barcola hérite du portefeuille des Finances et du Budget.
Les secteurs de la Sécurité et de l’Administration territoriale sont confiés respectivement aux colonels Calixte Madjoulba et Hodabalo Awate, tandis que Kodjo Sévon-Tépé Adedze prend la tête du ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat.
Un exécutif recentré autour du président du Conseil
Les ministères jugés stratégiques — notamment la Défense, la Fonction publique, le Travail, le Dialogue social et les Transports — demeurent directement rattachés à la Présidence du Conseil, renforçant ainsi l’autorité de Faure Gnassingbé dans le nouvel équilibre institutionnel.
Cette configuration intervient dans la foulée de la large victoire du parti au pouvoir, l’Union pour la République (UNIR), qui a remporté 108 sièges sur 113 lors des législatives du 29 avril 2024. Une domination parlementaire qui a facilité la mise en place du nouveau régime.
Cette transformation politique marque une étape charnière dans l’histoire contemporaine du Togo. Le président du Conseil concentre désormais la réalité du pouvoir exécutif, tandis que Jean-Lucien Savi de Tové, président de la République, occupe une fonction essentiellement honorifique, conformément au modèle parlementaire adopté.
Toutefois, cette réorganisation n’est pas sans susciter de vives critiques. L’opposition dénonce une manœuvre destinée, selon elle, à permettre à Faure Gnassingbé de prolonger son influence politique au-delà de ses quatre mandats présidentiels. Le gouvernement, de son côté, défend une réforme « conforme à la volonté populaire » et tournée vers « l’efficacité et la stabilité ».
La Rédaction / Cosmos Ouaga
















