Le président Donald Trump a réprimandé la Russie lundi pour avoir testé un missile de croisière à propulsion nucléaire, le Burevestnik, au lieu de se concentrer sur la fin de la guerre en Ukraine. Selon Moscou, ce missile pourrait emporter une ogive nucléaire et parcourir plus de 13 000 kilomètres. Le président russe Vladimir Poutine l’a présenté comme une arme « unique au monde ».
Interrogé par la presse, Trump a dénoncé la démonstration de force, rappelant que les États-Unis disposent déjà de capacités nucléaires suffisantes et appelant à mettre fin au conflit ukrainien, désormais entré dans sa quatrième année. Le missile, surnommé Skyfall aux États-Unis, a connu plusieurs échecs lors des essais et est considéré par les experts davantage comme une provocation que comme une avancée militaire significative.
La Russie, par l’intermédiaire du porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, a affirmé qu’elle continuerait ses tests d’armes, tout en soulignant que ses décisions sont guidées par ses intérêts nationaux. Elle a accusé les États-Unis d’« actions hostiles » qui compliquent les relations bilatérales.
Dans le même temps, Trump adopte une ligne plus ferme : des sanctions ont été imposées aux compagnies pétrolières russes, tandis que le secrétaire au Trésor Scott Bessent a qualifié Kirill Dmitriev, directeur du fonds souverain russe, de « propagandiste russe ». Dmitriev a minimisé l’impact des sanctions sur l’économie russe, affirmant qu’elles ne feraient qu’augmenter les prix de l’essence aux États-Unis.
Le général russe Valery Gerasimov a affirmé que le Burevestnik avait parcouru 14 000 km lors d’un test de 15 heures et pouvait frapper n’importe quelle cible protégée. Les analystes restent sceptiques, estimant que le missile subsonique est interceptable par l’OTAN et que les tests précédents ont été marqués par des accidents, dont l’explosion de 2019 qui a tué sept scientifiques. Pour les spécialistes, le Burevestnik représente surtout un facteur de déstabilisation dans la course aux armements et une arme plus symbolique que réellement opérationnelle.
Assane BAGAYA / Cosmos Ouaga
















