Burkina Faso : les demandes de visas américains transférées au Togo, celles pour la Russie toujours traitées en Côte d’Ivoire

Les ressortissants burkinabè doivent désormais se rendre à Lomé, au Togo, pour solliciter un visa américain. La mesure, annoncée par l’ambassade des États-Unis à Ouagadougou, s’explique par la suspension temporaire des services consulaires « routiniers » au Burkina Faso. En parallèle, pour les visas russes, les Burkinabè continuent de dépendre de l’ambassade de Russie en Côte d’Ivoire, une situation qui perdure depuis plusieurs années malgré la réouverture récente d’une chancellerie russe à Ouagadougou.

Dans un communiqué publié début octobre 2025, l’ambassade des États-Unis au Burkina Faso a annoncé la suspension temporaire de ses services consulaires habituels, notamment la délivrance des visas non-immigrants et certaines prestations administratives. Les autorités américaines invitent désormais les demandeurs burkinabè à se tourner vers l’ambassade américaine à Lomé, au Togo, pour leurs démarches. Une information confirmée par les autorités burkinabè

Selon le Département d’État, cette décision s’inscrit dans un contexte régional marqué par des préoccupations sécuritaires et logistiques. Les États-Unis ont, ces dernières années, redéployé plusieurs de leurs services consulaires dans des capitales jugées, selon eux,  plus stables comme Lomé, Abidjan ou Accra. Ce choix viserait  à « garantir la sécurité du personnel et la continuité des services », indique un message officiel de la représentation américaine.

Cette réorganisation n’est pas sans conséquence pour les demandeurs burkinabè. Ceux-ci devront désormais assumer des coûts supplémentaires liés au déplacement, à l’hébergement et aux formalités dans un pays voisin.

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Une situation consulaire similaire pour la Russie

Le cas de la Russie illustre un autre aspect de la diplomatie consulaire au Burkina Faso. Pendant plusieurs décennies, le pays ne disposait pas d’ambassade russe sur son territoire. Les Burkinabè souhaitant obtenir un visa devaient se rendre à Abidjan, en Côte d’Ivoire, où l’ambassade de Russie était accréditée pour plusieurs pays de la sous-région, dont le Burkina Faso.

Ce n’est qu’en août 2024 que Moscou a rouvert officiellement une chancellerie à Ouagadougou, marquant un rapprochement politique entre les deux États. Cependant, cette ambassade reste encore en phase d’installation et ne dispose pas de toutes les capacités nécessaires pour délivrer les visas et documents officiels. Selon des sources diplomatiques, certains services, notamment les demandes de visa, continuent donc d’être traités depuis Abidjan, le temps que la représentation de Ouagadougou soit pleinement opérationnelle.

Entre réalités diplomatiques et contraintes pour les usagers

Ces deux situations mettent en lumière les défis liés à la diplomatie consulaire au Burkina Faso. Entre rationalisation des services par les chancelleries étrangères et contraintes sécuritaires, les demandeurs burkinabè se retrouvent souvent pénalisés par des procédures longues et coûteuses.

Les autorités américaines assurent que la suspension des services à Ouagadougou est temporaire et qu’une reprise sera envisagée « lorsque les conditions le permettront ». Du côté russe, la montée en puissance des activités consulaires à Ouagadougou est attendue dans les prochains mois, avec la perspective d’une ambassade pleinement fonctionnelle.

En attendant, pour tout visa américain, les Burkinabè devront de se rendre à Lomé. Et pour les formalités russes, la voie d’Abidjan reste toujours en vigueur, en attendant une normalisation complète des services diplomatiques à Ouagadougou.

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Assane BAGAYA  / Cosmos Ouaga

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