Cinéma au Burkina Faso : les salles Canal Olympia passent à une gestion locale

Le groupe Canal Olympia a annoncé la fermeture prochaine de ses salles au Burkina Faso, dont celle de Canal Olympia YENNENGA, située à proximité du Monument des Martyrs à Ouagadougou. Cette fermeture, prévue pour le 23 novembre 2025, s’inscrit dans une stratégie de rétrocession des infrastructures à des acteurs locaux, publics ou privés.

Le groupe, qui dispose d’un réseau de 18 salles de cinéma et de spectacles réparties dans 12 pays africains, a précisé que cette décision fait partie d’un processus global de transfert de gestion. Les infrastructures de Canal Olympia au Burkina Faso – notamment les salles YENNENGA, Pissy et Idrissa Ouédraogo – seront progressivement rétrocédées pour être exploitées localement.

Selon la direction, ce choix marque l’aboutissement de la mission initiale du projet Canal Olympia : rendre le cinéma accessible au plus grand nombre et contribuer à structurer l’offre culturelle sur le continent africain. Les salles, qui disposent d’une capacité d’accueil d’environ 300 personnes, ont permis à des milliers de spectateurs de vivre des projections et spectacles dans des conditions modernes et professionnelles.

Ouvert en 2017, le site de Canal Olympia YENNENGA a joué un rôle important dans la vie culturelle de Ouagadougou. Il a accueilli des projections de films africains et internationaux, des spectacles vivants, des débats publics et des événements phares comme le FESPACO.

La rétrocession à des opérateurs burkinabè ou à des institutions publiques pourrait offrir de nouvelles perspectives de gestion et favoriser une appropriation locale des équipements. Plusieurs observateurs du secteur culturel y voient une opportunité de renforcer les capacités nationales en matière d’exploitation cinématographique.

Cette démarche n’est pas propre au Burkina Faso. Dans d’autres pays africains, le groupe a déjà amorcé le même processus : la salle de Yaoundé (Cameroun) a été transférée à l’Université de Yaoundé I en juin 2025, tandis que celle de Mandji’Ozangué (Gabon) est désormais gérée par la Mairie de Port-Gentil.

Ces expériences montrent qu’une gestion locale des infrastructures culturelles peut permettre de pérenniser les acquis du réseau tout en encourageant de nouvelles initiatives.

Si la marque Canal Olympia se retire progressivement, les infrastructures qu’elle laisse derrière continueront de servir le public burkinabè. Les cinéphiles, artistes et opérateurs culturels espèrent que cette nouvelle phase de gestion nationale maintiendra la dynamique culturelle amorcée depuis 2017 et offrira de nouvelles opportunités de diffusion du cinéma et des arts.

Le Burkina Faso, reconnu pour son attachement au 7ᵉ art et son rôle historique dans la promotion du cinéma africain, reste ainsi un acteur clé du développement culturel sur le continent, avec désormais la possibilité d’inscrire cette transition dans une logique de continuité et d’autonomie locale.

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✍️ Assane BAGAYA

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