Privé de financement américain, le Centre Suuqa Xoolaha pour les mères et les enfants, situé dans le sud de la Somalie, avait dû fermer ses portes en juillet dernier. Mais ses anciens employés, refusant d’abandonner les patientes vulnérables qu’ils servaient, ont décidé de le rouvrir – sans salaire, ni soutien matériel.
Pendant plusieurs années, cet hôpital, essentiel pour les femmes et les enfants de la région de Baidoa, fonctionnait grâce à des fonds de l’Agence américaine pour le développement international (USAID). Ces aides couvraient les salaires du personnel médical et les fournitures. La réduction drastique de ce financement par l’administration Trump a entraîné l’arrêt des activités et le licenciement du personnel.
Quelques jours après la fermeture, Khadija Ali, une jeune femme de 25 ans issue d’un camp de déplacés, s’est présentée aux portes closes de l’hôpital en plein travail. Cet épisode dramatique a profondément marqué les soignants. Déterminés à ne pas laisser leur communauté sans assistance, les médecins et sages-femmes ont rouvert les salles d’accouchement et les urgences, continuant d’accueillir les patientes sans aucune rémunération.
« Nous ne pouvions pas rester les bras croisés pendant que des femmes perdaient la vie en accouchant », confie Khadija Noor Adan, sage-femme au sein du centre.
Aujourd’hui, malgré le manque de ressources et de matériel, le Centre Suuqa Xoolaha continue d’offrir des soins de base. Les soignants espèrent qu’un nouveau soutien international leur permettra de maintenir leurs services vitaux dans un pays où la crise humanitaire demeure l’une des plus graves au monde.
Assane BAGAYA / Cosmos Ouaga
















