L’AES bientôt dotée d’une radio pour porter la voix du Sahel

Les ministres de la Communication du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont visité vendredi à Ouagadougou le chantier de la future station radio de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette initiative marque une étape décisive dans la volonté des trois pays de construire une voix commune face aux défis médiatiques et géopolitiques de la région.

La visite s’est tenue en marge de la 14ᵉ édition des Universités Africaines de la Communication de Ouagadougou (UACO), rendez-vous majeur des professionnels et décideurs du secteur. Le ministre burkinabè de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, accompagné de ses homologues malien, Alhamdou Ag Ilyene, et nigérien, a parcouru les installations techniques et logistiques de la station.

Selon les trois responsables, les travaux sont quasiment achevés. Les infrastructures et équipements de diffusion seraient déjà opérationnels, en attente de quelques formalités administratives.

Une radio pour affirmer la souveraineté informationnelle du Sahel Au-delà d’un simple média, cette station se veut un outil stratégique. Elle vise à :

> Renforcer la souveraineté médiatique des pays de l’AES, souvent dépendants de canaux de communication étrangers ;

> Promouvoir les valeurs culturelles et sociales partagées par les peuples sahéliens ;

> Offrir une plateforme éducative et citoyenne accessible au plus grand nombre.

Le ministre malien Alhamdou Ag Ilyene a insisté sur la mission de la radio : informer, sensibiliser et divertir tout en restant un rempart contre les influences extérieures.

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« Cette radio sera au service de nos populations. Elle portera nos valeurs, affirmera notre souveraineté et défendra les intérêts des peuples du Sahel », a-t-il déclaré.

Les trois ministres de la Communication de l’AES dans un studios de la future radio (📷 MCCAT)

Contexte et enjeux

Dans un environnement marqué par les crises sécuritaires et informationnelles, les États du Sahel cherchent à mieux contrôler leur narration face aux médias internationaux. Selon des experts en communication, disposer de médias souverains constitue un levier d’influence incontournable, comparable à ce qu’a réalisé la CEDEAO avec sa chaîne West Africa TV ou encore l’Union Africaine avec ses plateformes numériques.

La station de l’AES pourrait ainsi devenir un outil de diplomatie médiatique mais aussi un canal de cohésion sociale dans une région où la bataille de l’information est aussi cruciale que la bataille militaire.

Cette initiative illustre la volonté de l’AES de passer de la coopération politique à une intégration médiatique et culturelle concrète. Elle complète d’autres projets de mutualisation dans les domaines de la défense, de l’économie et de l’éducation.

La mise en service de cette radio devrait intervenir dans les prochains mois, avec une programmation multilingue couvrant aussi bien les capitales que les zones rurales.

Source : MCCAT

✍️ Assane BAGAYA  / Cosmos Ouaga

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