À moins de deux semaines du scrutin du 25 octobre, la tension monte en Côte d’Ivoire. Les deux principaux partis d’opposition – le PDCI de Tidjane Thiam et le PPA-CI de Laurent Gbagbo – ont appelé dimanche à des manifestations quotidiennes sur tout le territoire pour dénoncer l’exclusion de leurs candidats et réclamer l’ouverture d’un dialogue politique.
“Les manifestations pour la démocratie, la justice et la paix se poursuivront tous les jours, jusqu’à la satisfaction de nos revendications”, a déclaré le Front Commun, coalition réunissant les deux formations d’opposition, dans un communiqué transmis à la presse.
Le mouvement entend maintenir la pression “pacifiquement”, tout en dénonçant ce qu’il qualifie de “répression sauvage” du régime.
Samedi, une marche organisée à Abidjan malgré son interdiction a été dispersée par les forces de l’ordre à coups de gaz lacrymogène. Le ministère de l’Intérieur a fait état de 237 interpellations, tandis que les partis d’opposition ont signalé “de nombreux blessés” parmi leurs partisans.
Des candidatures majeures écartées
À l’origine de cette crise, la décision du Conseil constitutionnel de valider la candidature du président sortant Alassane Ouattara pour un quatrième mandat, tout en rejetant celles de Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, considérés comme ses principaux rivaux.
Ces exclusions, motivées par des décisions de justice, ont été jugées “injustes et politiques” par leurs partisans, qui estiment que la candidature du chef de l’État est elle-même inconstitutionnelle.
Selon le PDCI, les tensions se sont aggravées samedi soir lorsque des forces de l’ordre auraient tenté de pénétrer au domicile de Noël Akossi Bendjo, vice-président du parti.
L’opposition, qui se dit déterminée à ne pas céder à “l’intimidation”, promet de poursuivre les manifestations “jusqu’à ce que la démocratie triomphe”.
La campagne électorale, lancée le 10 octobre, oppose désormais cinq candidats : le président Alassane Ouattara, Jean-Louis Billon, Simone Ehivet Gbagbo, Ahoua Don Mello et Henriette Lagou.
Mais pour une large partie de l’opposition, le scrutin est déjà “biaisé” en raison de l’exclusion de leurs leaders historiques.
Alors que le pouvoir prône la stabilité et met en garde contre “tout trouble à l’ordre public”, les rues d’Abidjan et d’autres grandes villes risquent de rester le théâtre de manifestations quotidiennes dans les jours à venir.
✍️ Assane BAGAYA / Cosmos Ouaga
















