Du 25 au 27 septembre 2025, Ouagadougou accueille la 7e Semaine des Activités Minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO), un rendez-vous devenu incontournable pour les acteurs du secteur extractif. Placée sous le thème « Les défis de la réhabilitation et de la fermeture des mines en Afrique : Quelle nouvelle vie pour les communautés locales ? », cette édition réunit plus de 2 000 participants venus d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Australie, confirmant l’importance stratégique du Burkina Faso dans le paysage minier mondial.
La cérémonie d’ouverture, présidée par le général de brigade Célestin Simporé, ministre d’État et représentant le Premier ministre, a donné le ton : penser l’après-mine non pas comme une contrainte, mais comme une opportunité pour les territoires.
Pourquoi l’après-mine est un défi majeur pour l’Afrique
En Afrique, la question de la réhabilitation des sites miniers est devenue centrale. L’exploitation des ressources naturelles génère certes d’importantes recettes, mais elle entraîne aussi déforestation, pollution des sols et des nappes phréatiques, déplacements de populations et perte de moyens de subsistance.
Selon l’Annuaire statistique 2024 du Burkina Faso :Le pays compte 13 mines industrielles, 10 semi-mécanisées et plus de 800 sites artisanaux. La production d’or est passée de 5,6 tonnes en 2008 à plus de 60 tonnes en 2024. Le secteur minier a contribué à 548,2 milliards de FCFA au budget national en 2024 et mobilisé 200 milliards de FCFA pour les collectivités locales via le Fonds minier de développement local.
Ces chiffres témoignent de l’importance économique du secteur. Mais que se passe-t-il une fois les mines fermées ? Sans planification, les communautés locales se retrouvent confrontées à des friches industrielles, à un chômage massif et à des terres dégradées.
Les réflexions au cœur de la SAMAO 2025
Les panels et sessions techniques abordent des thématiques stratégiques telles que la restauration environnementale : reboisement, traitement des sols pollués et protection de la biodiversité. La transition socio-économique : reconversion des employés, développement d’activités agricoles ou artisanales, formation professionnelle. Les innovations technologiques : méthodes de stérilisation et de réhabilitation des fosses à ciel ouvert, solutions géotechniques face au changement climatique.
Selon Doulaye Sanou, président du Comité national d’organisation, l’objectif est clair : proposer des solutions concrètes pour transformer l’après-mine en moteur de développement durable.
Le Burkina Faso, un exemple de résilience minière

En dépit du contexte sécuritaire, le Burkina Faso reste l’un des pays miniers les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest. Les mines industrielles et artisanales ont généré une forte croissance économique et permis de financer des infrastructures locales.
Cependant, le général Simporé a rappelé les risques : « Les impacts négatifs de l’exploitation sont souvent amplifiés lors de la fermeture des sites. Sans anticipation, la fin d’une mine peut fragiliser les collectivités et plonger les travailleurs dans la précarité. »
D’où son appel à des recommandations audacieuses à l’issue des 72 heures d’échanges : stratégies de gestion des terres réhabilitées, technologies innovantes de dépollution, mécanismes financiers durables pour accompagner les communautés locales.
Un rendez-vous à forte portée internationale
Au-delà des débats, la SAMAO 2025 s’affirme comme une plateforme unique de réseautage entre gouvernements, investisseurs, chercheurs, ONG et sous-traitants. Des pays comme le Niger, le Mali, la Mauritanie, la République démocratique du Congo, mais aussi la Russie, l’Australie et le Panama, y prennent part.
Cette diversité illustre l’intérêt croissant de la communauté internationale pour un modèle minier africain plus responsable et inclusif.
La Rédaction / Cosmos Ouaga
















